22 janvier 2012

Reflexions à J-90 des élections présidentielles




Lundi 16 janvier, 5h45.
Contrairement aux lundis précédents, je suis en pleine forme.
La veille, mon père a (enfin) visité mon appartement. Il l'a trouvé spacieux, propre et agréable pour y vivre en solo (accessoirement à 2,  m'a t-il précisé).
Cette visite m'a rassurée car elle a mis de côté le stress et les rancoeurs qui se manifestaient entre lui et moi depuis que j'avais annoncé mon bon plan vers l'autonomie totale (pour ne pas dire finale :D )
J'ai beau vouloir le nier, je pense être épidermiquement la fille de mon père : la moindre tension avec lui entraîne chez moi un mal-être abyssal et de réelles crises d’eczéma.
Bref, tout ça pour dire que ce lundi tout allait bien dans le meilleur des mondes.
En deux-trois mouvements, je suis coiffée, maquillée, bien sapée. Le trajet se passe sans encombre : le bus arrive à l'heure, j'ai droit à un sourire du conducteur. A la gare, l'écran des horaires ne présente pas de message "ALERTE" jaune (ouf, aucun voyageur ne s'est explosé le crâne sur la ligne de RER).
Je peux même m'arrêter au Relay, acheter le journal. Je suis tellement en avance que je m'offre un petit café avant d'affronter la horde d'élèves sans foi, ni loi.
Deux heures de cours plus tard, je suis satisfaite : j'ai respecté le temps fixé par le programme officiel et  jubile bêtement à l'idée que je ne ferais pas partie de ces collègues ingrats qui sacrifient les derniers chapitres à la fin de l'année. 
Il faut dire que dans ma tête, je suis en mission. Contractuel ou pas, je me suis engagée à faire du mieux que je pourrais alors je le fais même si je suis déjà accablée de voir ces enfants nés dans la mauvaise catégorie sociale, souffrir de la dégradation de l'enseignement public.
Enfin passons, c'est le temps de ma pause... Dans mon nouvel emploi du temps, elle est de 4 heures, c'est énorme et très fatiguant mais je m'en plains pas, j'en profite pour corriger des copies et/ou avancer mes prochains cours.
Mais à 10:30, tout le flux de bonnes vibrations qui s'écoulait en moi a disparu. D'un coup, mes muscles se sont relâchés, ma nuque s'est tendue au fil des minutes. Je n'ai pas fait tout de suite attention à mon corps, il a fallu que je lise mon journal, que j'aille sur mon TwittInfo pour que je comprenne qu'en réalité, j'étais prise d'une énorme angoisse. Une angoisse diffuse, indescriptible. L'impression que quelque chose ne tournait pas rond. Qu'une chose néfaste s'était produite, que nous avions laissé faire et que personne ne semblait pouvoir stopper. Depuis cette angoisse ne me quitte pas : j'ai beau me raisonner, savoir que rien n'est prévisible, avoir confiance en la capacité de chancun de faire bouger les choses. Pourtant, aujourd'hui je n'y crois plus.
Jusqu'à la fin de l'année 2011, j'étais persuadée que le peuple français était dans la même dynamique que les Espagnols, les Italiens, les Grecs dans une moindre mesure ou encore les Américains de l'après Bush Jr : un ras-de-bol général, l'envi d’éjecter ces gouvernements impotents qui n'ont pas su réguler les effets les plus grotesques de la toute puissance financière, sur des Etats que l'on pensait "inattaquables" : les Etats riches du Nord, dominant le monde depuis le XV-XVIe s.
Je ne pouvais que croire cela... D'ailleurs, la volonté de changement est perceptible chez tout le monde car mine de rien cela fait 16 longues années que la droite dirige ce pays. 
Mais que vois-je dans les sondages en ce début d'année ? Un regain de popularité pour le président-sortant pas tout à fait candidat, un tassement des intentions de vote pour la future (?) présidence tranquille des socialistes et l'ascension continue du F-haine.

Les Français auraient-ils oubliés les 4 années de déceptions, de scandales politiques, de promesses non tenues, de principes bafoués, de valeurs maltraitées, depuis que Sarkozy est au pouvoir ?! Comment en sommes nous arrivés à un tel niveau d'amnésie ? La politique se vit-elle à l'instant présent ? D'après les sondages, les citoyens ont l'air de girouettes et marchent à l'émotion : il suffit que les médias commentent positivement l'action du Président lors du dernier sommet européen et vous êtes sûrs de le voir remonter dans les sondages. 

Nous vivons dans un monde de contradictions. Peu importe ce qu'on cherche à nous faire croire, dans ce pays nous n'aimons pas la démocratie. On grandit avec l'idée que l'égalité et la justice sont l'horizon indépassable de tout homme de progrès, pourtant on se plaît à observer et à baver ceux qui narguent, revendiquent, se pensent comme supérieurement à part. 
Je remercie Jean-François Copé de nous rappeler que certains vivent dans une classe discinte où les normes et les valeurs sont différentes de ce qu'on nous inculque dans l'école républicaine "si tu gagnes un salaire inférieur à 5000 euros,  tu es un minable.".
Pourquoi cette sortie a tant choqué alors qu'au fond la plupart d'entre nous le pense, que le schéma de pensée dominant est celui de la compétivité, que la valeur d'un homme ne s'estime qu'à son compte en banque ? De même que je suis convaincue de la sincérité d'Estrosie lorsqu'il affirme que le Fouquet's est une brasserie "populaire", dans le sens que n'importe qui peut y fréquenter... ce qui n'est pas le cas des parties du Siècle. 
Le constat est déplaisant (pour ne pas dire pathétique) mais les riches ne cessent de fasciner. Beaucoup rêvent d'être à leur place et ont même l'espoir de faire partie du cercle fermé en grattant un ticket de loto.
Le riche, c'est le pouvoir concret, réel.
Car le pouvoir n'est plus incarné par le peuple mais par la figure providentielle. Tous les 5 ans, on assiste au même cirque. Toutes les campagnes portent sur une personne vue comme le messie qui apporterait la solution à tous nos problèmes, d'un simple coup de baguette magique. Les programmes, les idées politiques viennent en seconde ligne. Il suffit d'ausculter les médias, d'entendre les gens parler de ce qu'est un présidentiable : c'est un être charismatique, qui n'a pas froid aux yeux, maîtrise l'art de la rhétorique en balançant 2-3 concepts sensés résoudre 4 décennies d'échecs ! 
En ce moment, le thème à la mode est la relance de la production franco-française et de favoriser la consommation nationale dans un monde trop ouvert...
Jusqu'à quand nos politiques vont-ils nous proposer des plans à (très) court terme ? car au fond, leur unique préoccupation est de rester au pouvoir le plus longtemps possible. Certainement pas de proposer une vision et des solutions douloureuses, coûteuses sur du très long terme dans un monde en pleine restructuration. D'autant plus qu'il ne s'agit pas que de nous mais aussi de nos enfants !

Pendant ce temps, nous citoyens, on se démène dans nos vies quotidiennes pourries, sans perspective.
Autour de moi, les jeunes de ma génération se sont résignés à avoir le minimum, à sacrifier leurs rêves (de gloire), d'autres ont eu le courage de partir vers d'autres cieux et certains moins chanceux sont tombés plus bas que terre, en cédant à la drogue, à la délinquance, à la déchéance.
Cela concerne tout le monde. Depuis quelques temps, les tensions ne cessent de monter, l'air est pollué par le CO² et le pessimisme. Les gens ne s'aiment plus, se regardent en chiens de faïence. 
Grâce à nos dirigeants, on joue la gueguérre des uns contre les autres, entre gens de mêmes conditions...
Le jeune ne cède plus sa place à la vieille personne, l'homme mûr fait mine de pas voir la femme enceinte, la moindre incartade est sujet à disputes. Les incivilités et l'intolérance sont monnaie-courante : les gens ont en marre. On veut l'entre-soi, être chez soi, ne plus voir les mendiants qui n'ont jamais été aussi nombreux, aussi présents. Les gens ne voient plus des gens mais des Noirs, des Arabes, des gros, des jeunes, qui foutent la merde. Combien de fois, ai-je entendu "Vivement que Le Pen passe"  C'est ça la société parfaite... individualiste, atomisée, bientôt atrophiée ? Oui si on ne se réveille pas à tant...
Mon angoisse est l'accumulation de ces tensions diffuses. Je suis abattue parce que nos dirigeants sont de vulgaires techniciens de management qui ne connaissent pas un quart de ce que vivent les gens  au quotidien.

Oui, il s'est passé quelque chose de grave dont nous subissons les conséquences.
Cette chose : c'est la soumission du politique aux rapaces de l'économie néo-libérale.
Le vendredi 13 janvier, l'agence de notation américaine Standar's and Poor a dégradé la note de la dette française. Le choc (annoncé depuis un bon moment) n'est pas l'échec de la politique sarkozienne, c'est l'échec d'une politique occidentale inféodée à l'économie mondiale (elle-même dominée par l'Occident  -_-"" ), au détriment des peuples, de leur bien-être vital et donc de toute conscience humaine fondamentale.
Cet évènement nous fait prendre conscience de la vanité d'un vote, de l'absence totale de notre pouvoir démocratique. 
Pourquoi sommes -nous en train de gesticuler pour des élections qui, au final n'apporteront aucun changement ,car aucun homme à lui tout seul peut faire le travail de titan nécessaire au changement !!

En tant que consommateur, on est tout sauf des rois ! On est sans cesse floué, désinformé, manipulé. 
Tout le monde s'emmerveille de l'offre Free Mobile, Xavier Niel a été érigé en l'espace d'une heure, grand défenseur du pouvoir d'achat des Français, qui en aurait fait bien plus en 5 minutes, que Sarkozy en 5 ans.
Sommes-nous tombés sur la tête pour s'extasier à ce point ?
Pourquoi tant de passivité lorsqu'il s'agit de s'insurger des nombreuses augmentations de taxes et des inflations des prix de logement, des produits de base pour se nourrir.
Chacun paye des taxes lorsqu'il achète du pain, des fruits et légumes, une maison, de l'essence ou une voiture : tout ce qui est indispensable au bon fonctionnement de la dynamique capitaliste. Tout en faisant de nous une main-d'oeuvre servile, docile qui se complaît dans une illusion du bonheur.
Bref, tout le monde paye et doit payer des taxes, au nom de la cohésion de l'Etat souverain duquel on dépend. En contre-partie, celui-ci est chargé de reverser une partie des recettes pour garantir la paix sociale, mettre en place les conditions nécessaires pour optimiser au mieux notre système capitaliste, qui demande une main d’œuvre efficace, en bonne santé, à l'heure et hyper-productive. Sans les taxes, point d'infrastructures et de services publics. Mais les taxes servent aussi à inscrire les individus dans une logique de solidarité et de sentiment d'appartenance à une communauté nationale liée non par une couleur de peau ou une tradition fantasméeidéologisée mais par des principes et des valeurs, socles de notre République.
Les transactions boursières mondiales, elles ne sont pas régulées et ne payent quasiment aucune taxe sur les échanges supra-nationaux. Les grandes firmes internationales sont celles qui payent le moins de taxes et d'impôts. Sans oublier les lobbys, les trusts et autres paradis fiscaux
qui permettent aux investisseurs et aux FMN de se faire un maximum d'argent tout en se dégageant de toute contrainte financière ! Autant de réalités occultées par nos élites médiatiques qui s’intéressent plus à observer du haut de leur piédestal les petits pouilleux que nous sommes dans nos travers, nos différences, nos histoires futiles. "toute une histoire", "Confessions intimes", "vis ma vie"... A ce qu'il paraît c'est du divertissement ! Non pas du voyeurisme ! Encore moins l'aveu d'une régression du 4ème "pouvoir".

Quant à ceux qui lisent, s'informent, étudient ou ont les moyens d'analyser, ils sont à un tel degré de déconnexion que même si ils prônent le changement, leurs discours sonnent étrangement creux !
Comment blablater de la misère, la résoudre... Comment répondre aux questions sociétales quand on vit dans un monde clos, de réseaux, fait d'établishments, loin de la dure et triste réalité.
Parce qu'ils sont diplômés, parce qu'ils possèdent un certain bagage culturel et intellectuel alors ils sont persuadés de savoir ce que les gens ressentent, veulent ou doivent faire ! Beaucoup de ceux-là qui font partie de mon entourage, se montrent au final, condescendants. Lorsqu'on les écoute attentivement, on ne doute pas qu'il s'agit de paternalisme archaïque, d'égo et de course vers les sphères scintillantes du pouvoir. 
Il y a une chose dont je partage avec la gauche conformiste, consensuelle, social-libérale du PS, c'est de croire au développement d'initiatives populaires et citoyennes, comme le proposait Ségolène Royal
C'est à nous, seulement à nous, de nous prendre en charge, de prendre en mains notre destins. 
Ensemble. 

Reflexions à J-90 des élections présidentielles




Lundi 16 janvier, 5h45.
Contrairement aux lundis précédents, je suis en pleine forme.
La veille, mon père a (enfin) visité mon appartement. Il l'a trouvé spacieux, propre et agréable pour y vivre en solo (accessoirement à 2,  m'a t-il précisé).
Cette visite m'a rassurée car elle a mis de côté le stress et les rancoeurs qui se manifestaient entre lui et moi depuis que j'avais annoncé mon bon plan vers l'autonomie totale (pour ne pas dire finale :D )
J'ai beau vouloir le nier, je pense être épidermiquement la fille de mon père : la moindre tension avec lui entraîne chez moi un mal-être abyssal et de réelles crises d’eczéma.
Bref, tout ça pour dire que ce lundi tout allait bien dans le meilleur des mondes.
En deux-trois mouvements, je suis coiffée, maquillée, bien sapée. Le trajet se passe sans encombre : le bus arrive à l'heure, j'ai droit à un sourire du conducteur. A la gare, l'écran des horaires ne présente pas de message "ALERTE" jaune (ouf, aucun voyageur ne s'est explosé le crâne sur la ligne de RER).
Je peux même m'arrêter au Relay, acheter le journal. Je suis tellement en avance que je m'offre un petit café avant d'affronter la horde d'élèves sans foi, ni loi.
Deux heures de cours plus tard, je suis satisfaite : j'ai respecté le temps fixé par le programme officiel et  jubile bêtement à l'idée que je ne ferais pas partie de ces collègues ingrats qui sacrifient les derniers chapitres à la fin de l'année. 
Il faut dire que dans ma tête, je suis en mission. Contractuel ou pas, je me suis engagée à faire du mieux que je pourrais alors je le fais même si je suis déjà accablée de voir ces enfants nés dans la mauvaise catégorie sociale, souffrir de la dégradation de l'enseignement public.
Enfin passons, c'est le temps de ma pause... Dans mon nouvel emploi du temps, elle est de 4 heures, c'est énorme et très fatiguant mais je m'en plains pas, j'en profite pour corriger des copies et/ou avancer mes prochains cours.
Mais à 10:30, tout le flux de bonnes vibrations qui s'écoulait en moi a disparu. D'un coup, mes muscles se sont relâchés, ma nuque s'est tendue au fil des minutes. Je n'ai pas fait tout de suite attention à mon corps, il a fallu que je lise mon journal, que j'aille sur mon TwittInfo pour que je comprenne qu'en réalité, j'étais prise d'une énorme angoisse. Une angoisse diffuse, indescriptible. L'impression que quelque chose ne tournait pas rond. Qu'une chose néfaste s'était produite, que nous avions laissé faire et que personne ne semblait pouvoir stopper. Depuis cette angoisse ne me quitte pas : j'ai beau me raisonner, savoir que rien n'est prévisible, avoir confiance en la capacité de chancun de faire bouger les choses. Pourtant, aujourd'hui je n'y crois plus.
Jusqu'à la fin de l'année 2011, j'étais persuadée que le peuple français était dans la même dynamique que les Espagnols, les Italiens, les Grecs dans une moindre mesure ou encore les Américains de l'après Bush Jr : un ras-de-bol général, l'envi d’éjecter ces gouvernements impotents qui n'ont pas su réguler les effets les plus grotesques de la toute puissance financière, sur des Etats que l'on pensait "inattaquables" : les Etats riches du Nord, dominant le monde depuis le XV-XVIe s.
Je ne pouvais que croire cela... D'ailleurs, la volonté de changement est perceptible chez tout le monde car mine de rien cela fait 16 longues années que la droite dirige ce pays. 
Mais que vois-je dans les sondages en ce début d'année ? Un regain de popularité pour le président-sortant pas tout à fait candidat, un tassement des intentions de vote pour la future (?) présidence tranquille des socialistes et l'ascension continue du F-haine.

Les Français auraient-ils oubliés les 4 années de déceptions, de scandales politiques, de promesses non tenues, de principes bafoués, de valeurs maltraitées, depuis que Sarkozy est au pouvoir ?! Comment en sommes nous arrivés à un tel niveau d'amnésie ? La politique se vit-elle à l'instant présent ? D'après les sondages, les citoyens ont l'air de girouettes et marchent à l'émotion : il suffit que les médias commentent positivement l'action du Président lors du dernier sommet européen et vous êtes sûrs de le voir remonter dans les sondages. 

Nous vivons dans un monde de contradictions. Peu importe ce qu'on cherche à nous faire croire, dans ce pays nous n'aimons pas la démocratie. On grandit avec l'idée que l'égalité et la justice sont l'horizon indépassable de tout homme de progrès, pourtant on se plaît à observer et à baver ceux qui narguent, revendiquent, se pensent comme supérieurement à part. 
Je remercie Jean-François Copé de nous rappeler que certains vivent dans une classe discinte où les normes et les valeurs sont différentes de ce qu'on nous inculque dans l'école républicaine "si tu gagnes un salaire inférieur à 5000 euros,  tu es un minable.".
Pourquoi cette sortie a tant choqué alors qu'au fond la plupart d'entre nous le pense, que le schéma de pensée dominant est celui de la compétivité, que la valeur d'un homme ne s'estime qu'à son compte en banque ? De même que je suis convaincue de la sincérité d'Estrosie lorsqu'il affirme que le Fouquet's est une brasserie "populaire", dans le sens que n'importe qui peut y fréquenter... ce qui n'est pas le cas des parties du Siècle. 
Le constat est déplaisant (pour ne pas dire pathétique) mais les riches ne cessent de fasciner. Beaucoup rêvent d'être à leur place et ont même l'espoir de faire partie du cercle fermé en grattant un ticket de loto.
Le riche, c'est le pouvoir concret, réel.
Car le pouvoir n'est plus incarné par le peuple mais par la figure providentielle. Tous les 5 ans, on assiste au même cirque. Toutes les campagnes portent sur une personne vue comme le messie qui apporterait la solution à tous nos problèmes, d'un simple coup de baguette magique. Les programmes, les idées politiques viennent en seconde ligne. Il suffit d'ausculter les médias, d'entendre les gens parler de ce qu'est un présidentiable : c'est un être charismatique, qui n'a pas froid aux yeux, maîtrise l'art de la rhétorique en balançant 2-3 concepts sensés résoudre 4 décennies d'échecs ! 
En ce moment, le thème à la mode est la relance de la production franco-française et de favoriser la consommation nationale dans un monde trop ouvert...
Jusqu'à quand nos politiques vont-ils nous proposer des plans à (très) court terme ? car au fond, leur unique préoccupation est de rester au pouvoir le plus longtemps possible. Certainement pas de proposer une vision et des solutions douloureuses, coûteuses sur du très long terme dans un monde en pleine restructuration. D'autant plus qu'il ne s'agit pas que de nous mais aussi de nos enfants !

Pendant ce temps, nous citoyens, on se démène dans nos vies quotidiennes pourries, sans perspective.
Autour de moi, les jeunes de ma génération se sont résignés à avoir le minimum, à sacrifier leurs rêves (de gloire), d'autres ont eu le courage de partir vers d'autres cieux et certains moins chanceux sont tombés plus bas que terre, en cédant à la drogue, à la délinquance, à la déchéance.
Cela concerne tout le monde. Depuis quelques temps, les tensions ne cessent de monter, l'air est pollué par le CO² et le pessimisme. Les gens ne s'aiment plus, se regardent en chiens de faïence. 
Grâce à nos dirigeants, on joue la gueguérre des uns contre les autres, entre gens de mêmes conditions...
Le jeune ne cède plus sa place à la vieille personne, l'homme mûr fait mine de pas voir la femme enceinte, la moindre incartade est sujet à disputes. Les incivilités et l'intolérance sont monnaie-courante : les gens ont en marre. On veut l'entre-soi, être chez soi, ne plus voir les mendiants qui n'ont jamais été aussi nombreux, aussi présents. Les gens ne voient plus des gens mais des Noirs, des Arabes, des gros, des jeunes, qui foutent la merde. Combien de fois, ai-je entendu "Vivement que Le Pen passe"  C'est ça la société parfaite... individualiste, atomisée, bientôt atrophiée ? Oui si on ne se réveille pas à tant...
Mon angoisse est l'accumulation de ces tensions diffuses. Je suis abattue parce que nos dirigeants sont de vulgaires techniciens de management qui ne connaissent pas un quart de ce que vivent les gens  au quotidien.

Oui, il s'est passé quelque chose de grave dont nous subissons les conséquences.
Cette chose : c'est la soumission du politique aux rapaces de l'économie néo-libérale.
Le vendredi 13 janvier, l'agence de notation américaine Standar's and Poor a dégradé la note de la dette française. Le choc (annoncé depuis un bon moment) n'est pas l'échec de la politique sarkozienne, c'est l'échec d'une politique occidentale inféodée à l'économie mondiale (elle-même dominée par l'Occident  -_-"" ), au détriment des peuples, de leur bien-être vital et donc de toute conscience humaine fondamentale.
Cet évènement nous fait prendre conscience de la vanité d'un vote, de l'absence totale de notre pouvoir démocratique. 
Pourquoi sommes -nous en train de gesticuler pour des élections qui, au final n'apporteront aucun changement ,car aucun homme à lui tout seul peut faire le travail de titan nécessaire au changement !!

En tant que consommateur, on est tout sauf des rois ! On est sans cesse floué, désinformé, manipulé. 
Tout le monde s'emmerveille de l'offre Free Mobile, Xavier Niel a été érigé en l'espace d'une heure, grand défenseur du pouvoir d'achat des Français, qui en aurait fait bien plus en 5 minutes, que Sarkozy en 5 ans.
Sommes-nous tombés sur la tête pour s'extasier à ce point ?
Pourquoi tant de passivité lorsqu'il s'agit de s'insurger des nombreuses augmentations de taxes et des inflations des prix de logement, des produits de base pour se nourrir.
Chacun paye des taxes lorsqu'il achète du pain, des fruits et légumes, une maison, de l'essence ou une voiture : tout ce qui est indispensable au bon fonctionnement de la dynamique capitaliste. Tout en faisant de nous une main-d'oeuvre servile, docile qui se complaît dans une illusion du bonheur.
Bref, tout le monde paye et doit payer des taxes, au nom de la cohésion de l'Etat souverain duquel on dépend. En contre-partie, celui-ci est chargé de reverser une partie des recettes pour garantir la paix sociale, mettre en place les conditions nécessaires pour optimiser au mieux notre système capitaliste, qui demande une main d’œuvre efficace, en bonne santé, à l'heure et hyper-productive. Sans les taxes, point d'infrastructures et de services publics. Mais les taxes servent aussi à inscrire les individus dans une logique de solidarité et de sentiment d'appartenance à une communauté nationale liée non par une couleur de peau ou une tradition fantasméeidéologisée mais par des principes et des valeurs, socles de notre République.
Les transactions boursières mondiales, elles ne sont pas régulées et ne payent quasiment aucune taxe sur les échanges supra-nationaux. Les grandes firmes internationales sont celles qui payent le moins de taxes et d'impôts. Sans oublier les lobbys, les trusts et autres paradis fiscaux
qui permettent aux investisseurs et aux FMN de se faire un maximum d'argent tout en se dégageant de toute contrainte financière ! Autant de réalités occultées par nos élites médiatiques qui s’intéressent plus à observer du haut de leur piédestal les petits pouilleux que nous sommes dans nos travers, nos différences, nos histoires futiles. "toute une histoire", "Confessions intimes", "vis ma vie"... A ce qu'il paraît c'est du divertissement ! Non pas du voyeurisme ! Encore moins l'aveu d'une régression du 4ème "pouvoir".

Quant à ceux qui lisent, s'informent, étudient ou ont les moyens d'analyser, ils sont à un tel degré de déconnexion que même si ils prônent le changement, leurs discours sonnent étrangement creux !
Comment blablater de la misère, la résoudre... Comment répondre aux questions sociétales quand on vit dans un monde clos, de réseaux, fait d'établishments, loin de la dure et triste réalité.
Parce qu'ils sont diplômés, parce qu'ils possèdent un certain bagage culturel et intellectuel alors ils sont persuadés de savoir ce que les gens ressentent, veulent ou doivent faire ! Beaucoup de ceux-là qui font partie de mon entourage, se montrent au final, condescendants. Lorsqu'on les écoute attentivement, on ne doute pas qu'il s'agit de paternalisme archaïque, d'égo et de course vers les sphères scintillantes du pouvoir. 
Il y a une chose dont je partage avec la gauche conformiste, consensuelle, social-libérale du PS, c'est de croire au développement d'initiatives populaires et citoyennes, comme le proposait Ségolène Royal
C'est à nous, seulement à nous, de nous prendre en charge, de prendre en mains notre destins. 
Ensemble. 

8 janvier 2012

L'Ordre et Morale


affiche l'ordre et la morale
Sorti le 16 novembre dernier, L'Ordre et la Morale est un film audacieux qui à travers un épisode tragique de l'histoire franco-calédonienne nous rappelle les turpitudes liées à l'exercice du pouvoir.
Inspiré du livre de Philippe Legorjus, capitaine du GIGN au moment des faits, le film retrace l'épilogue sanglant de plusieurs années de tensions en Nouvelle-Calédonie entre le mouvement indépendantiste kanak et les autorités françaises. Le 22 avril 1988, deux jours avant le premier tour des élections présidentielles, des indépendantistes kanaks attaquent une gendarmerie sur l'île d'Ouvéa. 
Ce qui ne devait être qu'une occupation insurrectionnelle se termine en bain de sang avec la mort de 4 gendarmes tandis que le reste du contingent est pris en otage. Alors qu'un groupe de gendarmes est rapidement libéré, celui qui est mené par l'indépendantiste kanak Alfonse Dianou se retrouve bloqué dans une grotte près de Gossanah. 
Douze jours plus tard, Matignon par la voie du Ministre de l'Outre-Mer Gérard Pons, décide de lancer un assaut armé sur la grotte afin de libérer les otages. L'opération est réussie mais au prix de la vie de 19 preneurs d'otages et 2 soldats. 
Figurant parmi les pages sombres de l'histoire de la Ve République, l'évènement - trop vite oublié - fait polémique quant aux responsabilités politiques et militaires. 
En pleines élections présidentielles, la prise d'otages devient un enjeu politique majeur entre les 2 candidats "favoris", le premier ministre Jacques Chirac et le président de la République François Mitterrand. 
Grâce aux images d'archives présentes dans le film, on saisit les discordes au sein du pouvoir exécutif. Un exécutif déchiré par la cohabitation "Gauche"/Droite et la volonté de Matignon de gérer la situation seule, alors que les indépendantistes sollicitent l'Elysée.
Le film, par une reconstitution precise et détaillée revient sur le choix des politiques qui devaient prendre en compte la nécessité de rétablir l'ordre sans nuire à la morale. Le contexte des élections a rendu son choix pernicieux. Un règlement rapide et autoritaire est privilégié pour ne pas entacher le pouvoir en pleine compétition électorale. L'usage (totalement) disproportionné de la force voulu par Jacques Chirac au détriment d'une "mission de conciliation" souhaitée par le président de la République est finalement accepté par celui-ci.



Dans une mise en scène impeccable, Kassovitz nous emporte dans un monde de contradictions : celui des territoires d'outre-mer aux paysages paradisiaques où la rencontre entre autochtones et Blancs conquérants a été dramatique. Les inégalités, le mépris des cultures locales, le racisme sous-jacent, dévoilent des terres de tensions vives où les situations colonialistes semblent perdurer.
Après deux blockbusters au succès plus que mitigé, Gothika et Babylone A.D, Kassovitz revient dans ce qu'il sait faire de mieux : un cinéma intimiste et engagé. 
Une des principales qualités du film, c'est le choix de Matthieu Kassovitz d'adopter le point de vue de Legorjus, désigné comme négociateur. Il emmène ainsi le spectateur au coeur des opérations militaires, des marchandages politiques, des dilemmes obligeant son personnage à trahir ses convictions. Mais le plus saisissant dans le film est le contraste entre les séquences de grosses pressions sur le terrain, de la violence exacerbée entre militaires et Calédoniens kanak à l'environnement paisible, agréable avec ses édifices luxueux où évolue le ministre de l'Outre-Mer. On est frappé par le fossé entre pouvoir et peuple, entre un ministre et un Etat-major déconnectés prenant des décisions sans prendre conscience des réalités du terrain, sans se préoccuper des conséquences sur les hommes impliqués dans le conflit. 
On ressort du film bouleversé. En tant que citoyen, on s'interroge : où avons nous failli pour en arriver là ? Est-il vraiment "raisonnable" ou "juste" de sacrifier les valeurs de la République ? 
Les problèmes posés par le passé colonial de la France ne sont pas résolus - ni pris au sérieux - mais grâce à ce film, le débat plus que nécessaire est de nouveau présent et c'est en faisant face à ce passé que la France pourra sortir des crispations et mener une réelle politique du "Vivre mieux Ensemble"

L'Ordre et Morale


affiche l'ordre et la morale
Sorti le 16 novembre dernier, L'Ordre et la Morale est un film audacieux qui à travers un épisode tragique de l'histoire franco-calédonienne nous rappelle les turpitudes liées à l'exercice du pouvoir.
Inspiré du livre de Philippe Legorjus, capitaine du GIGN au moment des faits, le film retrace l'épilogue sanglant de plusieurs années de tensions en Nouvelle-Calédonie entre le mouvement indépendantiste kanak et les autorités françaises. Le 22 avril 1988, deux jours avant le premier tour des élections présidentielles, des indépendantistes kanaks attaquent une gendarmerie sur l'île d'Ouvéa. 
Ce qui ne devait être qu'une occupation insurrectionnelle se termine en bain de sang avec la mort de 4 gendarmes tandis que le reste du contingent est pris en otage. Alors qu'un groupe de gendarmes est rapidement libéré, celui qui est mené par l'indépendantiste kanak Alfonse Dianou se retrouve bloqué dans une grotte près de Gossanah. 
Douze jours plus tard, Matignon par la voie du Ministre de l'Outre-Mer Gérard Pons, décide de lancer un assaut armé sur la grotte afin de libérer les otages. L'opération est réussie mais au prix de la vie de 19 preneurs d'otages et 2 soldats. 
Figurant parmi les pages sombres de l'histoire de la Ve République, l'évènement - trop vite oublié - fait polémique quant aux responsabilités politiques et militaires. 
En pleines élections présidentielles, la prise d'otages devient un enjeu politique majeur entre les 2 candidats "favoris", le premier ministre Jacques Chirac et le président de la République François Mitterrand. 
Grâce aux images d'archives présentes dans le film, on saisit les discordes au sein du pouvoir exécutif. Un exécutif déchiré par la cohabitation "Gauche"/Droite et la volonté de Matignon de gérer la situation seule, alors que les indépendantistes sollicitent l'Elysée.
Le film, par une reconstitution precise et détaillée revient sur le choix des politiques qui devaient prendre en compte la nécessité de rétablir l'ordre sans nuire à la morale. Le contexte des élections a rendu son choix pernicieux. Un règlement rapide et autoritaire est privilégié pour ne pas entacher le pouvoir en pleine compétition électorale. L'usage (totalement) disproportionné de la force voulu par Jacques Chirac au détriment d'une "mission de conciliation" souhaitée par le président de la République est finalement accepté par celui-ci.



Dans une mise en scène impeccable, Kassovitz nous emporte dans un monde de contradictions : celui des territoires d'outre-mer aux paysages paradisiaques où la rencontre entre autochtones et Blancs conquérants a été dramatique. Les inégalités, le mépris des cultures locales, le racisme sous-jacent, dévoilent des terres de tensions vives où les situations colonialistes semblent perdurer.
Après deux blockbusters au succès plus que mitigé, Gothika et Babylone A.D, Kassovitz revient dans ce qu'il sait faire de mieux : un cinéma intimiste et engagé. 
Une des principales qualités du film, c'est le choix de Matthieu Kassovitz d'adopter le point de vue de Legorjus, désigné comme négociateur. Il emmène ainsi le spectateur au coeur des opérations militaires, des marchandages politiques, des dilemmes obligeant son personnage à trahir ses convictions. Mais le plus saisissant dans le film est le contraste entre les séquences de grosses pressions sur le terrain, de la violence exacerbée entre militaires et Calédoniens kanak à l'environnement paisible, agréable avec ses édifices luxueux où évolue le ministre de l'Outre-Mer. On est frappé par le fossé entre pouvoir et peuple, entre un ministre et un Etat-major déconnectés prenant des décisions sans prendre conscience des réalités du terrain, sans se préoccuper des conséquences sur les hommes impliqués dans le conflit. 
On ressort du film bouleversé. En tant que citoyen, on s'interroge : où avons nous failli pour en arriver là ? Est-il vraiment "raisonnable" ou "juste" de sacrifier les valeurs de la République ? 
Les problèmes posés par le passé colonial de la France ne sont pas résolus - ni pris au sérieux - mais grâce à ce film, le débat plus que nécessaire est de nouveau présent et c'est en faisant face à ce passé que la France pourra sortir des crispations et mener une réelle politique du "Vivre mieux Ensemble"