13 octobre 2010

Crépuscule

AVERTISSEMENT : Ce post est l'extrait d'une NOUVELLE en pleine ébauche. 
Petit rappel du cours de français ;-) : la Nouvelle est un genre littéraire qui se caractérise par un texte court, d'où son nom en anglais SHORT STORY . Elle se concentre généralement sur un seul évènement et ne dévoile qu'une courte période de la vie des personnages.
Sans aucune prétention, je souhaite partager mon amour pour l'écriture en présentant cet extrait. 
C'est une initiative totalement spontanée et j'attends bien évidement des commentaires de mes lecteurs bien-aimés 


Enfin, toute ressemblance avec un personnage existant serait une pure coïncidence :-)


Bonne lecture

Mes yeux se gonflent de larmes... je sens la goutte du désespoir roulée le long de ma joue.
Le visage stoïque je suis paralysée comme écrasée par l'absence de perspective.
Je pleure sans douleur... Je suis vide... de sens....mes gestes, mes actes me paraissent absurdes
Est-il possible de vouloir encore vivre lorsque l'on prend conscience de la vanité de sa vie ?
J'ai vu cet homme, je n'ai pas compris ce qu'il a voulu me dire : il est apparu vêtu d'un simple pagne au tissu fin.  Son corps squelettique m'évoque la mort, sa barbe hirsute me dégoûte, il se tient là face à moi.
Nos regards se croisent je voudrais prendre ce couteau et l'enfoncer dans son estomac qu'il pisse le sang. Je l'imagine soudain son corps se recroqueviller de douleur et reprenant la place qui lui ai dû , il n'est rien qu'il retourne à la Terre qu'il ne daigne pas me regarder...moi je suis toute puissante ! je me suis octroyée le droit de vie ou de mort sur cet homme. Il fallait que je le tue, son regard n'arrêtait pas de me dire "Tu ne vaux rien, une incapable, regarde toi ! regarde ta vie que du bla-bla mais au fond qu'as tu fais ? tu prétends aimer ce monde, alors que tu participes à sa perversion"... Il a sûrement raison je suis probablement comme l'autre l'a dit. Celui qui n'aime pas sa vie me dit que je suis une looseuse...
Je me réfugie dans les bras musclés de cet homme si grand si fort en apparence mais il est perdu autant que moi. Si perdu qu'il refuse de dormir la lumière éteinte. Il craint les ténèbres qui le ramène inéluctablement face à lui-même. En proie à ses angoisses qu'il traîne depuis l'enfance, je voudrais le sauver. Comme l'autre... Je ne pense pas avoir de mission mais je me dis que si Dieu nous a mis sur le même chemin c'est que l'on doit s'apporter quelque chose de crucial l'un à l'autre. On s'est rencontré un soir d'été sur le fleuve Congo. Il me parle du grand royaume de nos ancêtres, celui qui réunissait tout le littoral Ouest de l'Afrique équatoriale. Il parle avec fierté de renaissance, de retour aux sources, d'un devoir, le sien, d'une prétendue suprématie noire... Je suis perplexe... Son appréhension du monde me semble inerte, fausse. Sa logique est totalisante et réductrice. Il a la bravoure et la folie d'un extrémiste. Je sens son corps qui s'alourdit, il est en moi et j'aime ça. Je veux sentir sa haine, sa mégalomanie destructrice. Je suis sure qu'il pense être un envoyé de Dieu, qu'il réussira à changer le monde. Il est si naïf... c'est ça être un homme qui a peur du noir... Je suis comme lui, je crois pouvoir faire bouger les choses sauf que lui il assume son désir de puissance, d'ailleurs elle m'explose au visage. Je suis en colère parce qu'il ment à tout le monde et surtout à lui même... je le plaque violemment sur le coté du lit pour l'empêcher de m'embrasser et là je saisis le coussin. Avec toutes mes forces, je l'étouffe. Je ne veux plus sentir son corps, je ne veux plus sentir son odeur, ni entendre ses soupirs cédant au désir... pourquoi je me sens si bien dans ses bras si je ne l'aime pas... Seul un homme peut se rabaisser au rang d'animal en dissociant sentiments et sexe, du moins c'est ce que l'on nous fait croire.... Je n'assume pas ma relation...ni mon corps, il est trop gros, lourd et courbaturé... Mes bras sont énormes, mon ventre rivalise avec celui d'une femme enceinte et la cellulite se fait de plus en plus visible. Que faire de ce corps ? Ne plus le nourrir? C'est une mort bien trop lente... Mais comment ai-je pu croire en lui ? J'étais persuadée que l'on devait vivre quelque chose de beau, de fort, de court  ! Aujourd'hui c'est fini... J'ai vécu une histoire banalement illusoire. Je me souviens encore du jour où je l'ai rencontré. Dès qu'il a parlé c'était comme si un voile obscur s'était levé. Comme si tout devenait sensé et possible. Que finalement, je n'étais pas seule dans ce monde amer...
"Ne m'appelle pas, j'utilise très peu mon portable..." De nos jours, qui peut prétendre ne pas se servir de son téléphone portable ? Ce propos aberrant raisonne si fort en moi mais je veux l'ignorer. Non, il n'a pas dit ça. "il ment et tu le sais"... "oui je sais"... Je sais qu'il y aura une faille dans cette histoire mais je veux y croire. Tu comprends, j'ai besoin d'y croire ! J'ai besoin de cette pression thoracique : ça veut dire que je suis en vie. Quand il est là mon coeur bat à cent à l'heure, je ne peux m'empêcher de plonger mes yeux dans les siens, il m'envoûte, le monde n'existe plus. Je vois son désir. Il pavane encore plus. Son ego est regonflé à bloc. Me voici, un an plus tard... Je suis seule, assise sur un fauteuil en cuir beige. Le seul meuble qui trône au beau milieu de cet appartement vide. J'ai souffert son corps, il m'appartenait. J'ai attendu ce moment depuis si longtemps... Chaque goutte de sang produit un son étrange. Je glisse mon doigt dans ce liquide vermillon avant de le goûter. Je pense à son affliction... Elle sera tellement anéantie... Pauvre femme soumise... Comment fera t-elle pour élever ses enfants seule ? Sait-elle que de toute façon il ne la méritait pas ? Aucune d'entre nous ne méritait cet homme... Son blackberry, symbole de sa décadence gît dans son sang. Je l'ai sauvé de moi mais surtout de lui-même. Cet homme n'avait plus de fierté et encore moins de dignité... Contrairement à ce qu'il prétendait alors il peut bien s'en aller... Il a gâché toute sa vie... il n'aurait jamais dû, il s'est déshonoré et s'est compromis... il ne peut susciter la considération et encore moins de la pitié.
Ce monde doit être purifier...
Je n'y arrive plus. Les larmes sont devenues des flots... Mon visage est luisant, ma peau irritée par toute cette eau salée qui n'en finit plus de couler...
Je rêve d'un monde meilleur ... Mon amie me dit qu'il sera bientôt là, qu'il faut rester courageuse et garder la foi... J'ai rencontré cette fille formidable au détour d'une rue. Elle est apparue comme un ange. Je ne remercierais jamais assez Dieu pour l'avoir mise sur mon chemin. Grâce à elle, tout devient limpide. Elle m'a redonné confiance en moi.. Elle a tenu ma main et continue de le faire bien qu'elle sache qu'au fond je suis une folle et que je peux commettre des actes ignobles. Je veux oublier... Alors que dois-je faire maintenant ?
"Il arrive !" Même si je vois, au loin, le crépuscule envelopper le jour...


À suivre

Crépuscule

AVERTISSEMENT : Ce post est l'extrait d'une NOUVELLE en pleine ébauche. 
Petit rappel du cours de français ;-) : la Nouvelle est un genre littéraire qui se caractérise par un texte court, d'où son nom en anglais SHORT STORY . Elle se concentre généralement sur un seul évènement et ne dévoile qu'une courte période de la vie des personnages.
Sans aucune prétention, je souhaite partager mon amour pour l'écriture en présentant cet extrait. 
C'est une initiative totalement spontanée et j'attends bien évidement des commentaires de mes lecteurs bien-aimés 


Enfin, toute ressemblance avec un personnage existant serait une pure coïncidence :-)


Bonne lecture

Mes yeux se gonflent de larmes... je sens la goutte du désespoir roulée le long de ma joue.
Le visage stoïque je suis paralysée comme écrasée par l'absence de perspective.
Je pleure sans douleur... Je suis vide... de sens....mes gestes, mes actes me paraissent absurdes
Est-il possible de vouloir encore vivre lorsque l'on prend conscience de la vanité de sa vie ?
J'ai vu cet homme, je n'ai pas compris ce qu'il a voulu me dire : il est apparu vêtu d'un simple pagne au tissu fin.  Son corps squelettique m'évoque la mort, sa barbe hirsute me dégoûte, il se tient là face à moi.
Nos regards se croisent je voudrais prendre ce couteau et l'enfoncer dans son estomac qu'il pisse le sang. Je l'imagine soudain son corps se recroqueviller de douleur et reprenant la place qui lui ai dû , il n'est rien qu'il retourne à la Terre qu'il ne daigne pas me regarder...moi je suis toute puissante ! je me suis octroyée le droit de vie ou de mort sur cet homme. Il fallait que je le tue, son regard n'arrêtait pas de me dire "Tu ne vaux rien, une incapable, regarde toi ! regarde ta vie que du bla-bla mais au fond qu'as tu fais ? tu prétends aimer ce monde, alors que tu participes à sa perversion"... Il a sûrement raison je suis probablement comme l'autre l'a dit. Celui qui n'aime pas sa vie me dit que je suis une looseuse...
Je me réfugie dans les bras musclés de cet homme si grand si fort en apparence mais il est perdu autant que moi. Si perdu qu'il refuse de dormir la lumière éteinte. Il craint les ténèbres qui le ramène inéluctablement face à lui-même. En proie à ses angoisses qu'il traîne depuis l'enfance, je voudrais le sauver. Comme l'autre... Je ne pense pas avoir de mission mais je me dis que si Dieu nous a mis sur le même chemin c'est que l'on doit s'apporter quelque chose de crucial l'un à l'autre. On s'est rencontré un soir d'été sur le fleuve Congo. Il me parle du grand royaume de nos ancêtres, celui qui réunissait tout le littoral Ouest de l'Afrique équatoriale. Il parle avec fierté de renaissance, de retour aux sources, d'un devoir, le sien, d'une prétendue suprématie noire... Je suis perplexe... Son appréhension du monde me semble inerte, fausse. Sa logique est totalisante et réductrice. Il a la bravoure et la folie d'un extrémiste. Je sens son corps qui s'alourdit, il est en moi et j'aime ça. Je veux sentir sa haine, sa mégalomanie destructrice. Je suis sure qu'il pense être un envoyé de Dieu, qu'il réussira à changer le monde. Il est si naïf... c'est ça être un homme qui a peur du noir... Je suis comme lui, je crois pouvoir faire bouger les choses sauf que lui il assume son désir de puissance, d'ailleurs elle m'explose au visage. Je suis en colère parce qu'il ment à tout le monde et surtout à lui même... je le plaque violemment sur le coté du lit pour l'empêcher de m'embrasser et là je saisis le coussin. Avec toutes mes forces, je l'étouffe. Je ne veux plus sentir son corps, je ne veux plus sentir son odeur, ni entendre ses soupirs cédant au désir... pourquoi je me sens si bien dans ses bras si je ne l'aime pas... Seul un homme peut se rabaisser au rang d'animal en dissociant sentiments et sexe, du moins c'est ce que l'on nous fait croire.... Je n'assume pas ma relation...ni mon corps, il est trop gros, lourd et courbaturé... Mes bras sont énormes, mon ventre rivalise avec celui d'une femme enceinte et la cellulite se fait de plus en plus visible. Que faire de ce corps ? Ne plus le nourrir? C'est une mort bien trop lente... Mais comment ai-je pu croire en lui ? J'étais persuadée que l'on devait vivre quelque chose de beau, de fort, de court  ! Aujourd'hui c'est fini... J'ai vécu une histoire banalement illusoire. Je me souviens encore du jour où je l'ai rencontré. Dès qu'il a parlé c'était comme si un voile obscur s'était levé. Comme si tout devenait sensé et possible. Que finalement, je n'étais pas seule dans ce monde amer...
"Ne m'appelle pas, j'utilise très peu mon portable..." De nos jours, qui peut prétendre ne pas se servir de son téléphone portable ? Ce propos aberrant raisonne si fort en moi mais je veux l'ignorer. Non, il n'a pas dit ça. "il ment et tu le sais"... "oui je sais"... Je sais qu'il y aura une faille dans cette histoire mais je veux y croire. Tu comprends, j'ai besoin d'y croire ! J'ai besoin de cette pression thoracique : ça veut dire que je suis en vie. Quand il est là mon coeur bat à cent à l'heure, je ne peux m'empêcher de plonger mes yeux dans les siens, il m'envoûte, le monde n'existe plus. Je vois son désir. Il pavane encore plus. Son ego est regonflé à bloc. Me voici, un an plus tard... Je suis seule, assise sur un fauteuil en cuir beige. Le seul meuble qui trône au beau milieu de cet appartement vide. J'ai souffert son corps, il m'appartenait. J'ai attendu ce moment depuis si longtemps... Chaque goutte de sang produit un son étrange. Je glisse mon doigt dans ce liquide vermillon avant de le goûter. Je pense à son affliction... Elle sera tellement anéantie... Pauvre femme soumise... Comment fera t-elle pour élever ses enfants seule ? Sait-elle que de toute façon il ne la méritait pas ? Aucune d'entre nous ne méritait cet homme... Son blackberry, symbole de sa décadence gît dans son sang. Je l'ai sauvé de moi mais surtout de lui-même. Cet homme n'avait plus de fierté et encore moins de dignité... Contrairement à ce qu'il prétendait alors il peut bien s'en aller... Il a gâché toute sa vie... il n'aurait jamais dû, il s'est déshonoré et s'est compromis... il ne peut susciter la considération et encore moins de la pitié.
Ce monde doit être purifier...
Je n'y arrive plus. Les larmes sont devenues des flots... Mon visage est luisant, ma peau irritée par toute cette eau salée qui n'en finit plus de couler...
Je rêve d'un monde meilleur ... Mon amie me dit qu'il sera bientôt là, qu'il faut rester courageuse et garder la foi... J'ai rencontré cette fille formidable au détour d'une rue. Elle est apparue comme un ange. Je ne remercierais jamais assez Dieu pour l'avoir mise sur mon chemin. Grâce à elle, tout devient limpide. Elle m'a redonné confiance en moi.. Elle a tenu ma main et continue de le faire bien qu'elle sache qu'au fond je suis une folle et que je peux commettre des actes ignobles. Je veux oublier... Alors que dois-je faire maintenant ?
"Il arrive !" Même si je vois, au loin, le crépuscule envelopper le jour...


À suivre