30 août 2010

Pour la déchéance du sarkozysme...

Digne d'un pacha, issu de ces pays gouvernés par une oligarchie sans scrupules (je pense notamment aux riches émirs du pétrole de la péninsule arabique ou encore aux nouvelles fortunes russes plus au moins liées à la mafia locale), le président de la République actuel vient d'acquérir un nouvel Airbus : le A330-220. Equipé d'un bureau avec salon, d'une salle de réunion avec chambre à coucher, salle de bain et une clinique (!!) "pour tous les cas imaginables", le luxueux appareil comprend une soixantaine de fauteuils inclinables de classe business au lieu des 324 sièges habituels des deux moyen-courriers de type A139 CJ qu'utilisait jusqu'à présent le chef d'Etat pour ses déplacements à l'étranger...
Un changement radical qui chez Mr Sarkozy sonne presque comme une volonté mégalomane et puérile d'avoir un avion présidentiel aussi grand que l'Air Force One d'Obama, qui je le rappelle est le chef de la première puissance économique du monde.
Rivalité ou juste par simple commodité (?), cela aura tout de même coûté la modique somme de 176 millions d'euros, bien-sûr aux frais de tous les citoyens français qui payent leurs impôts.
En ces temps difficiles, où l'avenir semble se faire de plus en plus sombre pour une grande majorité des Français, le tout nouveau joujou du président bling-bling me laisse pantois ! Je dirais même qu'il m'écoeure ! Et pour ajouter un peu plus de cynisme à cet événement, Mr le président s'est permis d'adresser une lettre, fin juin, à son premier ministre François Fillon pour inciter son gouvernement à faire des économies en cette période de crise...
Car il n'aura pas échapper que ce gouvernement s'illustre pour son goût immodéré du luxe ! Complètement déconnectés de la réalité, sans aucune morale et ni sens de la préservation du bien public, un certain nombre de ses charognards ont été surpris à piquer dans les deniers publics afin d'arrondir les  fins de mois à coup de frais personnels passer sur le compte du contribuable. C'est parmi ces élites politiques, enivrées de pouvoir, que l'on découvre que l'ancien ministre de l'industrie Christian Estrosi affrète, en janvier 2008, un charter privé, facturé 138 000 euros au contribuable au lieu de prendre un vol ordinaire pour se rendre à Washington . Ce même ministre a aussi fait la une des journaux car l'un de ses appartements de fonction était occupé en réalité par sa fille. Tandis que l'ancien secrétaire d'Etat, Christian Blanc se faisait livrer 12 000 euros de cigares toujours aux frais du contribuable !

Pour contrecarrer son déficit d'image et sa perte de crédibilité, Sarkozy change du tout au tout (enfin pas pour très longtemps me direz vous !). C'est ainsi qu'en quelques mois, on est passé d'un président assumant son côté bling-bling à un homme qui se veut simple, habité d'une humilité factice. Il suffit de regarder son attitude, le ton qu'il empreinte, l'étrange faciès à la fois grave et tourmenté dans tous ses derniers discours... Décidement, Mr Sarkozy est un formidable comédien et un très bon orateur.
Seulement voilà, il a fallu qu'il soit rattrapé par les aléas propres au pouvoir.
La révélation (je dirais plutôt la redécouverte d'une très vielle pratique dans la politique française) de ses connivences immorales avec les élites économiques, dans le cadre de l'affaire Bettencourt,  a rappelé toute l'hypocrisie de ces politiciens qui prétendent vouloir chasser les niches fiscales alors que la seule chose qui les préoccupe est de préserver les intérêts des grands patrons. Des grands patrons à qui Mr Sarkozy a autorisé de faire la razzia sur les biens publiques, d'évincer toute concurrence pour maintenir des prix élévés au détriment du pouvoir d'achat de la population de plus en plus précaire.

Oui le comble de toute cette histoire,  c'est que non seulement nos dirigeants font la java avec nos sous mais ils osent montrer du doigt une catégorie de personnes, des personnes qui payent sous forme d'impôts une partie de leur train de vie ! Pour détourner l'attention de ses piteux résultats politiques, l'actuel résident de l'Elysée n'a pas hésiter  à montrer les gros bras en s'attaquant aux plus faibles, ceux à qui l'on remet toujours en question leur légitimité à vivre dans ce pays.
Quand Monsieur se fait réprimander de toute part pour sa bassesse (en même temps, j'ai envie de vous dire, on vous avait prévenu !),  Comment réagit-il ? Comme tout mâle complexé, vexé ou atteint dans ses désirs de pouvoir et/ou de grande gloire. Surpris dans sa médiocrité et dans ses vices, cet être si petit moralement et physiquement, (bon celle là, je le concède, elle est trop facile et j'ai horreur des attaques ad-hominem mais avec lui, pas de pitié ! lol ), déchaîne son impuissance en tapant sur les faibles avec le courage de la couardise. Il s'attaque aux vulnérables, se déresponsabilise de ses échecs en désignant des boucs émissaires qu'un "banal" fait divers aurait démontré qu'ils étaient la cause de tous les déboires et maux de cette société en perte de vitesse. C'est donc à coup de grands discours populistes ( cf. Discours à Grenoble le 30 juillet 2010 ), que Mr Sarkozy cherche à éveiller les plus vils instincts des Français, des instincts fomentés par des années de manipulation médiatique, de désinformation instrumentalisant la peur de l'Autre.

Grâce à Mr Sarkozy, la France, cette grande patrie des Droits de l'homme, devient le théâtre d'une régression morale et politique de plus en plus insupportable. Car maintenant, il s'agit pour "sauver sa peau", de renier sa fonction présidentielle dont le principal rôle est d'être le gardien de la Constitution française et de veiller à la continuité de ses institutions.  Au lieu de ça, ce mégalomane haineux et arriviste bafoue la Constitution sans aucun scrupule ! Au lieu d'honorer sa charge de :  président de tous les Français, (car faut-il rappeler qu'il est élu au suffrage universel ! ), il préfère la salir en décrétant qu'il faut déchoir de la nationalité les Français d'origine étrangère ! Il affirme que : "La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme ou de toute personne dépositaire de l'autorité publique." Visant clairement les jeunes de banlieues et des communautés "ethniques", Mr Sarkozy méprise le principe fondamental de la République française à des fins démagogiques... En l'espace d'un discours, il a avili l'article premier de la Constitution de 1958 qui stipule que  : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion". A l'instar de Jean-Marie LePen,  il veut créer une sous catégorie de Français, assujetis aux mêmes devoirs mais ne bénéficiant pas des mêmes droits. Tout ceci en dédaignant le droit international qui interdit de fabriquer des apatrides !

Ce qui est le plus flippant dans cette histoire, c'est de voir qu'un parti "normalisé" puisse penser à mettre en oeuvre les idées d'un parti "irrégulier", du moins constitutionnellement incompatible avec l'exercice du pouvoir. Même si par stratégie, les deux grands partis de France (PS et UMP) n'ont jamais eu peur de jouer avec le FN, il n'y avait aucune raison de s'affoler tant que celui-ci restait l'apanage d'une petite minorité, incapable d'accéder au pouvoir. Seulement, le choc du second tour des élections présidentielles de 2002 a rappelé à quel point le jeu s'est avéré dangereux et dans un sursaut de républicanisme, Jacques Chirac fut élu à l'unanimité. Le réveil a été de courte durée ! Et ce qui en train de se mettre en place est très inquiétant ! Maintenant, ce sont les prétendus gardes fous de la République qui glissent vers les idées dignes des régimes fascistes de l'entre-deux-guerres, de façon insidieuse, disons plus "édulcorée" !
Faisant fi de toute conscience de son rôle d'homme d'Etat, dévoué à la chose publique et à la Nation, Mr Sarkozy a donc choisi d'accroître les divisions, d'exciter les haines qui couvent depuis bien longtemps à travers les préjugés et le racisme larvé. Une haine d'autant plus facile à réactiver qu'en période de crise, les gens cèdent facilement aux discours simplistes qui voient les terribles maux de la société comme des cause exogènes, uniquement dus à la présence d'une population définitivement étrangère.
"Ben il est évident que si tout périclite en France, c'est à cause des étrangers et de leurs enfants ! Ils viennent ici pour foutre la merde, n'est ce pas ?! car le vrai problème : c'est l'insécurité ! on ne se croirait plus chez nous" dixit le FN ! moi je dirais que la vérité est ailleurs ;
La vérité est que la politique du sarkozysme est un échec. Elle a consisté uniquement à accélérer le déclin de la France amorcé depuis la crise pétrolière de 1973.

Les seules responsables sont nos dirigeants ! C'est à cause d'eux que les services publics se démantèlent. C'est eux qui l'ont détruit à coup de privatisations. Désormais, ne compte que l'efficacité, la rentabilité et un personnel qui se doit d'être plus flexible et moins regardant sur son salaire (c'est vrai quoi ! quand on a un boulot, on se la ferme ! Vu les 2 millions de chômeurs qui attendent derrière la porte). Un personnel réduit qui doit donner le maximum avec le minimum de moyens ! Là en l'occurence, je sais de quoi je parle puisque c'est la politique menée dans l'Education Nationale tandis que les médias se chargent de  grogner sur ces professeurs fainéants qui ne pensent qu'à faire grève ! le mieux c'est de foutre les enfants en école privée... Si vous avez les moyens bien sûr !
Le Sarkozysme, c'est le paroxysme de la société néolibérale, individualiste et liberticide ! Partout, il cherche à prendre le contrôle, la preuve dans les médias où la main mise du pouvoir politique se fait de plus en plus oppressante. Derniers exemples en date : l'éviction des humoristes un peu trop satiriques Stéphane Guillon et Didier Porte, remerciés de France Inter ou encore par les tentatives d'intervention du président dans la recapitalisation du groupe "Le Monde" au mépris de la liberté de la presse !
Le sarkozysme, c'est aussi une politique soi-disant sécuritaire consistant à vidéo-surveiller la population, à chasser les Roms, à expulser des populations en situation irrégulière mais surtout précaires ! C'est exacerber les tensions, cautionner l'injustice et favoriser la violence répressive chez le personnel policier acculé aux taches inhumaines tout ça dans le stress de remplir les objectifs fixés par le gouvernement avec un effectif réduit en peau de chagrin !
Le sarkozysme c'est tout ça... Une véritable honte, de la tristesse et parfois du désespoir.
Mais c'est surtout une aubaine, le moment de dire stop et d'agir, d'amorcer un changement ! On est tomber bien bas, il est temps de se relever !
Alors ne croisons pas les doigts et agissons, chacun à notre manière !
Ne vous inquiètez pas ! je ne vais pas me mettre à chanter l'Internationale mais seulement vous inviter à rejoindre la manifestation qui aura lieu le samedi 4 septembre 2010 contre les dérives du sarkozysme, à partir de 14 h Place de la République.
En tout cas, moi j'y serai !

Pour la déchéance du sarkozysme...

Digne d'un pacha, issu de ces pays gouvernés par une oligarchie sans scrupules (je pense notamment aux riches émirs du pétrole de la péninsule arabique ou encore aux nouvelles fortunes russes plus au moins liées à la mafia locale), le président de la République actuel vient d'acquérir un nouvel Airbus : le A330-220. Equipé d'un bureau avec salon, d'une salle de réunion avec chambre à coucher, salle de bain et une clinique (!!) "pour tous les cas imaginables", le luxueux appareil comprend une soixantaine de fauteuils inclinables de classe business au lieu des 324 sièges habituels des deux moyen-courriers de type A139 CJ qu'utilisait jusqu'à présent le chef d'Etat pour ses déplacements à l'étranger...
Un changement radical qui chez Mr Sarkozy sonne presque comme une volonté mégalomane et puérile d'avoir un avion présidentiel aussi grand que l'Air Force One d'Obama, qui je le rappelle est le chef de la première puissance économique du monde.
Rivalité ou juste par simple commodité (?), cela aura tout de même coûté la modique somme de 176 millions d'euros, bien-sûr aux frais de tous les citoyens français qui payent leurs impôts.
En ces temps difficiles, où l'avenir semble se faire de plus en plus sombre pour une grande majorité des Français, le tout nouveau joujou du président bling-bling me laisse pantois ! Je dirais même qu'il m'écoeure ! Et pour ajouter un peu plus de cynisme à cet événement, Mr le président s'est permis d'adresser une lettre, fin juin, à son premier ministre François Fillon pour inciter son gouvernement à faire des économies en cette période de crise...
Car il n'aura pas échapper que ce gouvernement s'illustre pour son goût immodéré du luxe ! Complètement déconnectés de la réalité, sans aucune morale et ni sens de la préservation du bien public, un certain nombre de ses charognards ont été surpris à piquer dans les deniers publics afin d'arrondir les  fins de mois à coup de frais personnels passer sur le compte du contribuable. C'est parmi ces élites politiques, enivrées de pouvoir, que l'on découvre que l'ancien ministre de l'industrie Christian Estrosi affrète, en janvier 2008, un charter privé, facturé 138 000 euros au contribuable au lieu de prendre un vol ordinaire pour se rendre à Washington . Ce même ministre a aussi fait la une des journaux car l'un de ses appartements de fonction était occupé en réalité par sa fille. Tandis que l'ancien secrétaire d'Etat, Christian Blanc se faisait livrer 12 000 euros de cigares toujours aux frais du contribuable !

Pour contrecarrer son déficit d'image et sa perte de crédibilité, Sarkozy change du tout au tout (enfin pas pour très longtemps me direz vous !). C'est ainsi qu'en quelques mois, on est passé d'un président assumant son côté bling-bling à un homme qui se veut simple, habité d'une humilité factice. Il suffit de regarder son attitude, le ton qu'il empreinte, l'étrange faciès à la fois grave et tourmenté dans tous ses derniers discours... Décidement, Mr Sarkozy est un formidable comédien et un très bon orateur.
Seulement voilà, il a fallu qu'il soit rattrapé par les aléas propres au pouvoir.
La révélation (je dirais plutôt la redécouverte d'une très vielle pratique dans la politique française) de ses connivences immorales avec les élites économiques, dans le cadre de l'affaire Bettencourt,  a rappelé toute l'hypocrisie de ces politiciens qui prétendent vouloir chasser les niches fiscales alors que la seule chose qui les préoccupe est de préserver les intérêts des grands patrons. Des grands patrons à qui Mr Sarkozy a autorisé de faire la razzia sur les biens publiques, d'évincer toute concurrence pour maintenir des prix élévés au détriment du pouvoir d'achat de la population de plus en plus précaire.

Oui le comble de toute cette histoire,  c'est que non seulement nos dirigeants font la java avec nos sous mais ils osent montrer du doigt une catégorie de personnes, des personnes qui payent sous forme d'impôts une partie de leur train de vie ! Pour détourner l'attention de ses piteux résultats politiques, l'actuel résident de l'Elysée n'a pas hésiter  à montrer les gros bras en s'attaquant aux plus faibles, ceux à qui l'on remet toujours en question leur légitimité à vivre dans ce pays.
Quand Monsieur se fait réprimander de toute part pour sa bassesse (en même temps, j'ai envie de vous dire, on vous avait prévenu !),  Comment réagit-il ? Comme tout mâle complexé, vexé ou atteint dans ses désirs de pouvoir et/ou de grande gloire. Surpris dans sa médiocrité et dans ses vices, cet être si petit moralement et physiquement, (bon celle là, je le concède, elle est trop facile et j'ai horreur des attaques ad-hominem mais avec lui, pas de pitié ! lol ), déchaîne son impuissance en tapant sur les faibles avec le courage de la couardise. Il s'attaque aux vulnérables, se déresponsabilise de ses échecs en désignant des boucs émissaires qu'un "banal" fait divers aurait démontré qu'ils étaient la cause de tous les déboires et maux de cette société en perte de vitesse. C'est donc à coup de grands discours populistes ( cf. Discours à Grenoble le 30 juillet 2010 ), que Mr Sarkozy cherche à éveiller les plus vils instincts des Français, des instincts fomentés par des années de manipulation médiatique, de désinformation instrumentalisant la peur de l'Autre.

Grâce à Mr Sarkozy, la France, cette grande patrie des Droits de l'homme, devient le théâtre d'une régression morale et politique de plus en plus insupportable. Car maintenant, il s'agit pour "sauver sa peau", de renier sa fonction présidentielle dont le principal rôle est d'être le gardien de la Constitution française et de veiller à la continuité de ses institutions.  Au lieu de ça, ce mégalomane haineux et arriviste bafoue la Constitution sans aucun scrupule ! Au lieu d'honorer sa charge de :  président de tous les Français, (car faut-il rappeler qu'il est élu au suffrage universel ! ), il préfère la salir en décrétant qu'il faut déchoir de la nationalité les Français d'origine étrangère ! Il affirme que : "La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme ou de toute personne dépositaire de l'autorité publique." Visant clairement les jeunes de banlieues et des communautés "ethniques", Mr Sarkozy méprise le principe fondamental de la République française à des fins démagogiques... En l'espace d'un discours, il a avili l'article premier de la Constitution de 1958 qui stipule que  : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion". A l'instar de Jean-Marie LePen,  il veut créer une sous catégorie de Français, assujetis aux mêmes devoirs mais ne bénéficiant pas des mêmes droits. Tout ceci en dédaignant le droit international qui interdit de fabriquer des apatrides !

Ce qui est le plus flippant dans cette histoire, c'est de voir qu'un parti "normalisé" puisse penser à mettre en oeuvre les idées d'un parti "irrégulier", du moins constitutionnellement incompatible avec l'exercice du pouvoir. Même si par stratégie, les deux grands partis de France (PS et UMP) n'ont jamais eu peur de jouer avec le FN, il n'y avait aucune raison de s'affoler tant que celui-ci restait l'apanage d'une petite minorité, incapable d'accéder au pouvoir. Seulement, le choc du second tour des élections présidentielles de 2002 a rappelé à quel point le jeu s'est avéré dangereux et dans un sursaut de républicanisme, Jacques Chirac fut élu à l'unanimité. Le réveil a été de courte durée ! Et ce qui en train de se mettre en place est très inquiétant ! Maintenant, ce sont les prétendus gardes fous de la République qui glissent vers les idées dignes des régimes fascistes de l'entre-deux-guerres, de façon insidieuse, disons plus "édulcorée" !
Faisant fi de toute conscience de son rôle d'homme d'Etat, dévoué à la chose publique et à la Nation, Mr Sarkozy a donc choisi d'accroître les divisions, d'exciter les haines qui couvent depuis bien longtemps à travers les préjugés et le racisme larvé. Une haine d'autant plus facile à réactiver qu'en période de crise, les gens cèdent facilement aux discours simplistes qui voient les terribles maux de la société comme des cause exogènes, uniquement dus à la présence d'une population définitivement étrangère.
"Ben il est évident que si tout périclite en France, c'est à cause des étrangers et de leurs enfants ! Ils viennent ici pour foutre la merde, n'est ce pas ?! car le vrai problème : c'est l'insécurité ! on ne se croirait plus chez nous" dixit le FN ! moi je dirais que la vérité est ailleurs ;
La vérité est que la politique du sarkozysme est un échec. Elle a consisté uniquement à accélérer le déclin de la France amorcé depuis la crise pétrolière de 1973.

Les seules responsables sont nos dirigeants ! C'est à cause d'eux que les services publics se démantèlent. C'est eux qui l'ont détruit à coup de privatisations. Désormais, ne compte que l'efficacité, la rentabilité et un personnel qui se doit d'être plus flexible et moins regardant sur son salaire (c'est vrai quoi ! quand on a un boulot, on se la ferme ! Vu les 2 millions de chômeurs qui attendent derrière la porte). Un personnel réduit qui doit donner le maximum avec le minimum de moyens ! Là en l'occurence, je sais de quoi je parle puisque c'est la politique menée dans l'Education Nationale tandis que les médias se chargent de  grogner sur ces professeurs fainéants qui ne pensent qu'à faire grève ! le mieux c'est de foutre les enfants en école privée... Si vous avez les moyens bien sûr !
Le Sarkozysme, c'est le paroxysme de la société néolibérale, individualiste et liberticide ! Partout, il cherche à prendre le contrôle, la preuve dans les médias où la main mise du pouvoir politique se fait de plus en plus oppressante. Derniers exemples en date : l'éviction des humoristes un peu trop satiriques Stéphane Guillon et Didier Porte, remerciés de France Inter ou encore par les tentatives d'intervention du président dans la recapitalisation du groupe "Le Monde" au mépris de la liberté de la presse !
Le sarkozysme, c'est aussi une politique soi-disant sécuritaire consistant à vidéo-surveiller la population, à chasser les Roms, à expulser des populations en situation irrégulière mais surtout précaires ! C'est exacerber les tensions, cautionner l'injustice et favoriser la violence répressive chez le personnel policier acculé aux taches inhumaines tout ça dans le stress de remplir les objectifs fixés par le gouvernement avec un effectif réduit en peau de chagrin !
Le sarkozysme c'est tout ça... Une véritable honte, de la tristesse et parfois du désespoir.
Mais c'est surtout une aubaine, le moment de dire stop et d'agir, d'amorcer un changement ! On est tomber bien bas, il est temps de se relever !
Alors ne croisons pas les doigts et agissons, chacun à notre manière !
Ne vous inquiètez pas ! je ne vais pas me mettre à chanter l'Internationale mais seulement vous inviter à rejoindre la manifestation qui aura lieu le samedi 4 septembre 2010 contre les dérives du sarkozysme, à partir de 14 h Place de la République.
En tout cas, moi j'y serai !

24 août 2010

la Vénus Hottentote, une tragédie méconnue

Cette histoire est terrifiante mais pleine d'enseignements sur les rapports des individus envers la femme noire et le regard qu'ils lui portent. Je pense que chaque femme noire et plus particulièrement chaque afro-péenne ou afro-américaine devrait connaître sa vie !
J'ai eu l'occasion de découvrir Saartjie Baartman en lisant Zoos humains : au temps des exhibitions humaines, un livre collectif rédigé sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch et Eric Deroo. Malheureusement son destin tragique reste très méconnu !
Pourtant, il est de notre devoir de se souvenir d'elle ; C'est une héroïne.
Surtout, on devrait tirer les leçons de son drame car il en va de l'honneur des femmes noires dont notre place dans ce monde reste insatisfaisante. Heureusement, bien plus de femmes que l'on ne croit agissent et contribuent à améliorer la situation... Toutefois, le chemin est encore long. 
Et pour avancer, garder la foi en nos convictions, il est de la plus grande importance de se souvenir de nos aïeux, de ce qu'ils ont enduré afin de reprendre le flambeau, de poursuivre le dur combat à l'égard des nôtres et de notre dignité perdue.
Voilà pourquoi je tiens à remémorer l'histoire de Saartjie Baartman.
Il ne s'agit pas seulement d'une femme noire, africaine, outragée au plus profond d'elle-même. Il s'agit aussi de l'abaissement de l'humanité par l'homme blanc. 
A travers ce fait divers, on constate jusqu'où l'homme peut déconsidérer son prochain, avec une cruauté inouïe. L'homme prétendument civilisé est finalement celui qui s'est montré le plus sauvage et le plus méprisant vis-à-vis de la condition humaine dans ce qu'elle a de plus merveilleux : sa diversité ! 
Le calvaire de la Venus Hottentote illustre à quel point l'Homme peut bafouer l'Humanité en décrétant la supériorité de l'homme blanc sur le nègre  (et sur les autres peuples aux traits physiques multiples). 
Et pour le démontrer, il n'a pas hésité à mettre en scène cette femme aux caractéristiques physiques particuliers qu'il jugeait si proches de l'animal, lui occultant toute âme. Une femme aux courbes qualifiées de "disgracieuses" ou "grossières" pour lui retirer tout principe de liberté, inhérent à chaque être humain.

Ironie du sort, Saartjie Baartman, de son vrai nom Ssehoura (ou Swatche) est née en 1789, année où la France adopte le texte des Droits de l'Homme et du citoyen comme principe fondamental du tout nouveau régime politique mis en place, suite à la révolution. 
Originaire du Cap, en Afrique du Sud, elle appartenait à la tribu des Khoi-khoi, "le peuple des peuples". Ce sont les colons hollandais qui donnèrent le nom de "hottentot" à son peuple, en raison de la consonance particulière de la langue khoisane.
Après avoir perdu son époux et une grande partie de sa tribu dans la guerre contre les blancs, Ssehoura émigre vers la grande ville et y apprend le métier de servante. Rebaptisée Saartjie, elle est rapidement mis au service d'une famille hollandaise puis vendue au frère de son maître, Heindrick qui souhaitait l'acquérir après avoir entendu parler du "tablier hottentot".
Le "tablier hottentot" est une déformation volontaire du sexe féminin pratiquée sur les jeunes filles dès les premières règles. On pratiquait deux incisions de chaque côté des petites lèvres de la vulve pour les étirer vers le bas et y insérer un petit caillou : en mettant des cailloux de plus en plus lourds, un long processus d’étirement s’accomplissait jusqu’à ce que le sexe ait la forme requise (parfois plus de 10 cm de long) : ces deux membranes hyper-développées devaient pouvoir envelopper le gland de l’homme, afin de lui donner un maximum de plaisir. La première mention du "tablier hottentot" dans les archives date de 1640, par les premiers blancs qui foulèrent la terre sud africaine. Très vite, une légende était née nourrissant les fantasmes les plus vils.
Convaincu par un aventurier anglais qu'il pourrait faire fortune en Europe en exhibant son esclave contre de l'argent, Heindrick l'emmène à Londres en 1810. Saartjie pense partir pour quelque temps, se montrer en spectacle. Seulement, elle déchante très vite. Heindrick et son ami aventurier Dunlop louèrent un local dans une rue où toutes sortes de monstres et phénomènes de foire étaient exhibés : nains difformes, géants, femmes à barbe, obèses, enfants-lion, siamois, toutes sortes d’erreurs de la nature,  "ceux-qui-n’auraient-pas-du-naître"et autres choses exotiques, charmeuses de serpents, contorsionnistes… Sous le surnom sarcastique de « Vénus hottentote », qui deviendra définitivement son nom de scène, repris sur les affiches de promotion de ses exhibitions, Saartjie est présentée presque nue, en tenue traditionnelle, sous les railleries et les insultes du public horrifié par sa « difformité » physique. 
Stéatopyge, la jeune fille jeune fille possédait un gros fessier, des hanches larges et mesurait 1m39 pour 33 kg, un physique ostensiblement exagéré par les caricatures de l'époque.
Outre le fait d'exposer sa nudité, Saartjie devait chanter, jouer d’une sorte de guimbarde, grogner, danser au gré des fantaisies de son « dompteur », Heindrick généralement, qui alla même jusqu’à la montrer dans une cage, contre de maigres gages. La renommée de la « Vénus Hottentote » se répandit dans toute l’Angleterre et l’Europe. De nombreuses caricatures furent diffusées, des chansons paillardes et moqueuses furent écrites sur elle et chantées. De nombreux produits exotiques se réclamèrent "hottentots" (du chocolat, des gants, de l’alcool…), de nombreuses boutiques prirent le nom « à la Vénus hottentote » … Des milliers, des millions de gens la virent, au cours des six années qu’allait durer son calvaire.
  


Seule une association de lutte en faveur des droits des "gens de couleur" s'émeut du sort de Saartjie. Menacée par Dunlop et Heindrick d’être mise dans une maison close ou dans un asile d’aliénés, elle affirme être là de son plein gré ! Pour finir, après quatre ans d’exhibitions harassantes à Londres et dans toute l’Angleterre,  Saartjie fut perdue aux jeux par Dunlop et son « contrat » d’exploitation devint la propriété d’un montreur d’ours français, Réau, ancien noble déchu à la révolution, qui l’emmena à Paris en 1814. Quant à  Heindrick, il retourna en Afrique du Sud.

Les exhibitions se poursuivirent, Saartjie est également montrée dans les salons mondains où elle est la risée de tous, mais elle attire également l’attention du naturaliste Georges Cuvier qui la loua à son maître français pendant plusieurs jours afin de l’observer, quasiment nue dans un amphithéâtre bondé de scientifiques chargés de discourir sur son inhumanité. On l’a compare alors à une guenon, on parle même de son museau et de sa débilité !
Les scientifiques concluent que les « hottentots » étaient, par leur crétinisme, nés pour être esclaves du fait qu’ils n’avaient pas de structure sociale (c’était en réalité des chasseurs-cueilleurs et des bergers), sans maison (ils étaient nomades), sans religion (ils étaient animistes), sans morale (parce que sans religion), lubriques (pour preuve : la taille de leur sexe) et sans langage (parce que la langue khoikhoi raisonnait aux oreilles des blancs comme une succession de « clics » et de « clacs » sans cohérence)… Saartjie est assimilée au chaînon manquant, une espèce de l’humanité qui se situe tout en bas de l’échelle de l’évolution, quelque part entre l’espèce humaine et l’orang-outan subhumain ! 
La jeune femme savait pourtant, en plus de sa propre langue, parler couramment hollandais, relativement bien anglais et un peu français et elle avait finalement appris à lire… Des artistes étaient là aussi, chargés de la représenter, la sculpter, la peintre, la dessiner. Elle ne consentit jamais à montrer son sexe, le fameux "tablier hottentot", qu’elle dissimula pendant les quelques jours d’observation, derrière une pièce de tissu, au grand dam de l’assemblée scientifique présente.
Dépressive et épuisée, Saartjie sombre dans l'alcoolisme la morphine et livrée à la prostitution, son sexe et ses proportions faisant l'objet autant de fascination que de dégoût. Le 1er janvier 1816, elle meurt d'une pneumonie à l'âge de 27 ans. Cependant, l'horreur ne s'achève pas là. Réau vend le corps de Saartjie au professeur Cuvier pour 5000 francs. Le scientifique fait mouler son corps avant de le disséquer puis prélève le cerveau et l'appareil génital de Saartjie pour les conserver dans des bocaux remplis de formol ! Son squelette fut débarrassé de ses chairs, pour être exposé au musée d’Histoire Naturelle, parmi les animaux empaillés et les têtes coupées des gens de son peuple martyrisé. 
En 1889, le squelette est transféré au Musée de l’Homme, où il restera exposé, au côté du moulage de son corps jusqu’en 1974 ! Avant d’être relégué dans les réserves poussiéreuses, voué à l’oubli. Grâce à la pugnacité des descendants de son peuple qui œuvraient pour le retour au pays de « Maman Sarah », Saartjie est devenue un symbole de cette Afrique, leur Afrique, bafouée par les Blancs. 
Il faut attendre 2002, afin que le Sénat français vote le retour de Sarah Baartman à la terre de ses ancêtres. Son squelette fut déposé dans un cercueil, avec son cerveau et ses organes génitaux, et un avion la ramena chez elle, presque deux siècles après qu’elle en fut partie, pour son malheur. La cérémonie a rassemblé plus de 10 000 personnes. Son cercueil flotta sur une mer de mains qui voulaient le toucher, le porter… Après une cérémonie en grande pompe, elle fut incinérée au pied des collines khoikhoi  où elle avait grandit. 

L'histoire de la Vénus Hottentote est un formidable témoignage de la construction des nombreux stéréotypes relatifs à la femme noire et plus particulièrement celle venue d'Afrique depuis le XVIème siècle, début de l'esclavagisme européen. 
Une image totalement fabriquée qui cause de nombreuses discriminations mais aussi pas mal d'aliénation ! Comme une forme de méconnaissance et de mépris dissimulés, étouffés ou pire ignorés chez beaucoup de Noires (et je sais de quoi je parle pour l'avoir vécu moi-même). Il est important de restaurer la beauté et la valeur de la femme noire en tant qu'être humain à part entière : il n'est plus acceptable de véhiculer une beauté calquée sur le profil de la femme caucasienne ! 
Tout en défendant le libre arbitre de chaque femme, il est vital pour le processus d'acceptation de soi et d'épanouissement personnel, de mettre en valeur la diversité des beautés ébènes ; qu'elles soient claires, foncées, petites, grosses, en courbes ou squelettiques. 
De même, que la promotion plus ou moins inconsciente des cheveux lisses et de la peau éclaircie doit cesser au nom de l'harmonie essentielle avec son physique naturel pour tout individu et surtout pour bénéficier d'une vraie liberté de choix en matière d'esthétisme, une fois adulte !  
Je ne suis pas naïve, nous savons tous que le problème est bien plus complexe et qu'il faudrait retravailler sur tout un ensemble de schèmes notamment sur ceux qui habitent les hommes en général ainsi que les préjugés véhiculés par les médias ! 
Commençons par arrêter de valoriser des "artistes" dénuées de talents, si ce n'est de correspondre à un modèle aseptisé/arrangé/caucausié de la femme noire, jouant sur ces stéréotypes de femmes transpirants le sexe : il n'y a qu'à voir leur façon de se déhancher sur scène, d'accentuer leur cambrure, d'adopter des danses où l'on aperçoit plus autre chose que le popotin de la belle !
J'aimerais que les Beyoncé, Rihanna ne soient plus les seules références "tolérables", acceptables de ce que devrait être une belle femme noire.  
J'aimerais que les jeunes filles n'aient pas pour modèle et/ou unique ambition de rivaliser avec ces bêtes de sexe euh pardon de scène ! Au contraire, qu'elles puissent faire leur choix, construire leur propre chemin, s'affranchir du regard des hommes et n'en faire qu'à leur tête !
C'est ce qu'on doit faire ! Surtout c'est ce que l'on doit à Saartjie Baartman !

Quelques précisions...

Ce post reprend clairement des passages de cet article : cliquez ici
Et si vous souhaitez en savoir plus sur la Vénus Hottentote, voici quelques références bibliographiques :


  •  Vénus hottentote de Barbara Chase-Riboud
  • L’énigme de la vénus hottentote de Gérard Badou
  • Les zoos humains : de la vénus hottentote aux réality shows de Eric Deroo, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Nicolas Bancel
  • Zoos humains: l’horreur ethnographique de Nicolas Blancel







la Vénus Hottentote, une tragédie méconnue

Cette histoire est terrifiante mais pleine d'enseignements sur les rapports des individus envers la femme noire et le regard qu'ils lui portent. Je pense que chaque femme noire et plus particulièrement chaque afro-péenne ou afro-américaine devrait connaître sa vie !
J'ai eu l'occasion de découvrir Saartjie Baartman en lisant Zoos humains : au temps des exhibitions humaines, un livre collectif rédigé sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch et Eric Deroo. Malheureusement son destin tragique reste très méconnu !
Pourtant, il est de notre devoir de se souvenir d'elle ; C'est une héroïne.
Surtout, on devrait tirer les leçons de son drame car il en va de l'honneur des femmes noires dont notre place dans ce monde reste insatisfaisante. Heureusement, bien plus de femmes que l'on ne croit agissent et contribuent à améliorer la situation... Toutefois, le chemin est encore long. 
Et pour avancer, garder la foi en nos convictions, il est de la plus grande importance de se souvenir de nos aïeux, de ce qu'ils ont enduré afin de reprendre le flambeau, de poursuivre le dur combat à l'égard des nôtres et de notre dignité perdue.
Voilà pourquoi je tiens à remémorer l'histoire de Saartjie Baartman.
Il ne s'agit pas seulement d'une femme noire, africaine, outragée au plus profond d'elle-même. Il s'agit aussi de l'abaissement de l'humanité par l'homme blanc. 
A travers ce fait divers, on constate jusqu'où l'homme peut déconsidérer son prochain, avec une cruauté inouïe. L'homme prétendument civilisé est finalement celui qui s'est montré le plus sauvage et le plus méprisant vis-à-vis de la condition humaine dans ce qu'elle a de plus merveilleux : sa diversité ! 
Le calvaire de la Venus Hottentote illustre à quel point l'Homme peut bafouer l'Humanité en décrétant la supériorité de l'homme blanc sur le nègre  (et sur les autres peuples aux traits physiques multiples). 
Et pour le démontrer, il n'a pas hésité à mettre en scène cette femme aux caractéristiques physiques particuliers qu'il jugeait si proches de l'animal, lui occultant toute âme. Une femme aux courbes qualifiées de "disgracieuses" ou "grossières" pour lui retirer tout principe de liberté, inhérent à chaque être humain.

Ironie du sort, Saartjie Baartman, de son vrai nom Ssehoura (ou Swatche) est née en 1789, année où la France adopte le texte des Droits de l'Homme et du citoyen comme principe fondamental du tout nouveau régime politique mis en place, suite à la révolution. 
Originaire du Cap, en Afrique du Sud, elle appartenait à la tribu des Khoi-khoi, "le peuple des peuples". Ce sont les colons hollandais qui donnèrent le nom de "hottentot" à son peuple, en raison de la consonance particulière de la langue khoisane.
Après avoir perdu son époux et une grande partie de sa tribu dans la guerre contre les blancs, Ssehoura émigre vers la grande ville et y apprend le métier de servante. Rebaptisée Saartjie, elle est rapidement mis au service d'une famille hollandaise puis vendue au frère de son maître, Heindrick qui souhaitait l'acquérir après avoir entendu parler du "tablier hottentot".
Le "tablier hottentot" est une déformation volontaire du sexe féminin pratiquée sur les jeunes filles dès les premières règles. On pratiquait deux incisions de chaque côté des petites lèvres de la vulve pour les étirer vers le bas et y insérer un petit caillou : en mettant des cailloux de plus en plus lourds, un long processus d’étirement s’accomplissait jusqu’à ce que le sexe ait la forme requise (parfois plus de 10 cm de long) : ces deux membranes hyper-développées devaient pouvoir envelopper le gland de l’homme, afin de lui donner un maximum de plaisir. La première mention du "tablier hottentot" dans les archives date de 1640, par les premiers blancs qui foulèrent la terre sud africaine. Très vite, une légende était née nourrissant les fantasmes les plus vils.
Convaincu par un aventurier anglais qu'il pourrait faire fortune en Europe en exhibant son esclave contre de l'argent, Heindrick l'emmène à Londres en 1810. Saartjie pense partir pour quelque temps, se montrer en spectacle. Seulement, elle déchante très vite. Heindrick et son ami aventurier Dunlop louèrent un local dans une rue où toutes sortes de monstres et phénomènes de foire étaient exhibés : nains difformes, géants, femmes à barbe, obèses, enfants-lion, siamois, toutes sortes d’erreurs de la nature,  "ceux-qui-n’auraient-pas-du-naître"et autres choses exotiques, charmeuses de serpents, contorsionnistes… Sous le surnom sarcastique de « Vénus hottentote », qui deviendra définitivement son nom de scène, repris sur les affiches de promotion de ses exhibitions, Saartjie est présentée presque nue, en tenue traditionnelle, sous les railleries et les insultes du public horrifié par sa « difformité » physique. 
Stéatopyge, la jeune fille jeune fille possédait un gros fessier, des hanches larges et mesurait 1m39 pour 33 kg, un physique ostensiblement exagéré par les caricatures de l'époque.
Outre le fait d'exposer sa nudité, Saartjie devait chanter, jouer d’une sorte de guimbarde, grogner, danser au gré des fantaisies de son « dompteur », Heindrick généralement, qui alla même jusqu’à la montrer dans une cage, contre de maigres gages. La renommée de la « Vénus Hottentote » se répandit dans toute l’Angleterre et l’Europe. De nombreuses caricatures furent diffusées, des chansons paillardes et moqueuses furent écrites sur elle et chantées. De nombreux produits exotiques se réclamèrent "hottentots" (du chocolat, des gants, de l’alcool…), de nombreuses boutiques prirent le nom « à la Vénus hottentote » … Des milliers, des millions de gens la virent, au cours des six années qu’allait durer son calvaire.
  


Seule une association de lutte en faveur des droits des "gens de couleur" s'émeut du sort de Saartjie. Menacée par Dunlop et Heindrick d’être mise dans une maison close ou dans un asile d’aliénés, elle affirme être là de son plein gré ! Pour finir, après quatre ans d’exhibitions harassantes à Londres et dans toute l’Angleterre,  Saartjie fut perdue aux jeux par Dunlop et son « contrat » d’exploitation devint la propriété d’un montreur d’ours français, Réau, ancien noble déchu à la révolution, qui l’emmena à Paris en 1814. Quant à  Heindrick, il retourna en Afrique du Sud.

Les exhibitions se poursuivirent, Saartjie est également montrée dans les salons mondains où elle est la risée de tous, mais elle attire également l’attention du naturaliste Georges Cuvier qui la loua à son maître français pendant plusieurs jours afin de l’observer, quasiment nue dans un amphithéâtre bondé de scientifiques chargés de discourir sur son inhumanité. On l’a compare alors à une guenon, on parle même de son museau et de sa débilité !
Les scientifiques concluent que les « hottentots » étaient, par leur crétinisme, nés pour être esclaves du fait qu’ils n’avaient pas de structure sociale (c’était en réalité des chasseurs-cueilleurs et des bergers), sans maison (ils étaient nomades), sans religion (ils étaient animistes), sans morale (parce que sans religion), lubriques (pour preuve : la taille de leur sexe) et sans langage (parce que la langue khoikhoi raisonnait aux oreilles des blancs comme une succession de « clics » et de « clacs » sans cohérence)… Saartjie est assimilée au chaînon manquant, une espèce de l’humanité qui se situe tout en bas de l’échelle de l’évolution, quelque part entre l’espèce humaine et l’orang-outan subhumain ! 
La jeune femme savait pourtant, en plus de sa propre langue, parler couramment hollandais, relativement bien anglais et un peu français et elle avait finalement appris à lire… Des artistes étaient là aussi, chargés de la représenter, la sculpter, la peintre, la dessiner. Elle ne consentit jamais à montrer son sexe, le fameux "tablier hottentot", qu’elle dissimula pendant les quelques jours d’observation, derrière une pièce de tissu, au grand dam de l’assemblée scientifique présente.
Dépressive et épuisée, Saartjie sombre dans l'alcoolisme la morphine et livrée à la prostitution, son sexe et ses proportions faisant l'objet autant de fascination que de dégoût. Le 1er janvier 1816, elle meurt d'une pneumonie à l'âge de 27 ans. Cependant, l'horreur ne s'achève pas là. Réau vend le corps de Saartjie au professeur Cuvier pour 5000 francs. Le scientifique fait mouler son corps avant de le disséquer puis prélève le cerveau et l'appareil génital de Saartjie pour les conserver dans des bocaux remplis de formol ! Son squelette fut débarrassé de ses chairs, pour être exposé au musée d’Histoire Naturelle, parmi les animaux empaillés et les têtes coupées des gens de son peuple martyrisé. 
En 1889, le squelette est transféré au Musée de l’Homme, où il restera exposé, au côté du moulage de son corps jusqu’en 1974 ! Avant d’être relégué dans les réserves poussiéreuses, voué à l’oubli. Grâce à la pugnacité des descendants de son peuple qui œuvraient pour le retour au pays de « Maman Sarah », Saartjie est devenue un symbole de cette Afrique, leur Afrique, bafouée par les Blancs. 
Il faut attendre 2002, afin que le Sénat français vote le retour de Sarah Baartman à la terre de ses ancêtres. Son squelette fut déposé dans un cercueil, avec son cerveau et ses organes génitaux, et un avion la ramena chez elle, presque deux siècles après qu’elle en fut partie, pour son malheur. La cérémonie a rassemblé plus de 10 000 personnes. Son cercueil flotta sur une mer de mains qui voulaient le toucher, le porter… Après une cérémonie en grande pompe, elle fut incinérée au pied des collines khoikhoi  où elle avait grandit. 

L'histoire de la Vénus Hottentote est un formidable témoignage de la construction des nombreux stéréotypes relatifs à la femme noire et plus particulièrement celle venue d'Afrique depuis le XVIème siècle, début de l'esclavagisme européen. 
Une image totalement fabriquée qui cause de nombreuses discriminations mais aussi pas mal d'aliénation ! Comme une forme de méconnaissance et de mépris dissimulés, étouffés ou pire ignorés chez beaucoup de Noires (et je sais de quoi je parle pour l'avoir vécu moi-même). Il est important de restaurer la beauté et la valeur de la femme noire en tant qu'être humain à part entière : il n'est plus acceptable de véhiculer une beauté calquée sur le profil de la femme caucasienne ! 
Tout en défendant le libre arbitre de chaque femme, il est vital pour le processus d'acceptation de soi et d'épanouissement personnel, de mettre en valeur la diversité des beautés ébènes ; qu'elles soient claires, foncées, petites, grosses, en courbes ou squelettiques. 
De même, que la promotion plus ou moins inconsciente des cheveux lisses et de la peau éclaircie doit cesser au nom de l'harmonie essentielle avec son physique naturel pour tout individu et surtout pour bénéficier d'une vraie liberté de choix en matière d'esthétisme, une fois adulte !  
Je ne suis pas naïve, nous savons tous que le problème est bien plus complexe et qu'il faudrait retravailler sur tout un ensemble de schèmes notamment sur ceux qui habitent les hommes en général ainsi que les préjugés véhiculés par les médias ! 
Commençons par arrêter de valoriser des "artistes" dénuées de talents, si ce n'est de correspondre à un modèle aseptisé/arrangé/caucausié de la femme noire, jouant sur ces stéréotypes de femmes transpirants le sexe : il n'y a qu'à voir leur façon de se déhancher sur scène, d'accentuer leur cambrure, d'adopter des danses où l'on aperçoit plus autre chose que le popotin de la belle !
J'aimerais que les Beyoncé, Rihanna ne soient plus les seules références "tolérables", acceptables de ce que devrait être une belle femme noire.  
J'aimerais que les jeunes filles n'aient pas pour modèle et/ou unique ambition de rivaliser avec ces bêtes de sexe euh pardon de scène ! Au contraire, qu'elles puissent faire leur choix, construire leur propre chemin, s'affranchir du regard des hommes et n'en faire qu'à leur tête !
C'est ce qu'on doit faire ! Surtout c'est ce que l'on doit à Saartjie Baartman !

Quelques précisions...

Ce post reprend clairement des passages de cet article : cliquez ici
Et si vous souhaitez en savoir plus sur la Vénus Hottentote, voici quelques références bibliographiques :


  •  Vénus hottentote de Barbara Chase-Riboud
  • L’énigme de la vénus hottentote de Gérard Badou
  • Les zoos humains : de la vénus hottentote aux réality shows de Eric Deroo, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Nicolas Bancel
  • Zoos humains: l’horreur ethnographique de Nicolas Blancel







11 août 2010

Dieu, les autres et moi

L'émancipation est-elle conciliable avec l'irrationalité et cette forme d'ignorance propre à la religion ?


Se libérer et devenir indépendant induit de se soustraire à toute autorité, à toute domination. 
Or, si il y a bien un élément qui caractérise la religion, c'est l'endoctrinement des individus dès leur plus jeune âge, où le clergé met tout en oeuvre pour occulter une quelconque remise en question ou autonomie de pensée chez les fidèles. Mais dans nos sociétés laïques, chaque individu a le choix
Alors pourquoi moi, la militante de gauche (je dois préciser : une militante en devenir car je n'ai rien fait de concret pour le moment) et féministe, je revendique, haut et fort mon appartenance à la communauté  chrétienne catholique.
Cette contradiction peut s'expliquer de plusieurs façons. La première qui me vient à l'esprit est celle de mon goût pour la complexité, pour la non évidence des choses. (au point de croire que si j'étais née dans une société théocratique, j'aurais surêment été une athée subversive !)
En vérité, cette contradiction s'explique du fait qu'il ne s'agit pas tant de religion que de spiritualité. 
Il s'agit de mon "moi" profond, de mon âme, d'un mysticisme particulier. Et que pour être née et avoir grandi dans un pays où la religion est devenue minoritaire, où tout est vécu de manière individualiste, la notion de "spiritualité" prend alors tout son sens. Mon approche de la religion se distingue par un recentrage sur ma foi. Car de mon humble avis, la religion est une affaire personnelle. En aucun cas, elle ne saurait définir ma personne mais elle influence grandement ma vie.
C'est pourquoi, il m'a semblé important d'y consacrer un post. Un post qui semblera sûrement incohérent. Je l'assume entièrement.
Mais ce qui me donne envie d'en parler, c'est le trop plein de ferveur de ma mère qui  contraste avec mon désarroi aigri envers le catholicisme !
Une opposition qui prend de l'ampleur de jour en jour comme le premier vendredi de ce mois de juillet. 
Contrairement à ses habitudes, ma mère s'est rendue à l'Eglise Saint Sulpice de Paris. Elle tenait absolument à ce que j'assiste à la messe de 18H45, suivie de la veillée du Saint Sacrement. 
Pour la énième fois depuis la fin de mon carême, j'ai refusé sous prétexte que je devais voir un ami. Prétexte injustifié, si je me considère comme une pratiquante mais compréhensible vue la vie que je mène en ce moment. 
Car tout le problème vient du fait que je suis dogmatiquement incompatible avec la religion.
En gros, je vis dans le pêché ! LOL.
J'en ris parce que je n'ai pas honte de dire que j'ai un rapport totalement pragmatique à la religion. Je ne  prends que ce qui convient à ma vie de jeune femme indépendante et ambitieuse... Pour moi, la notion de péché me semble très subjective, du moins très relative, elle est sujette à interprétation et semble être construite par les Hommes au gré de leurs intérêts : d'où mon ton quelque peu acerbe.


Il n'empêche que je ne cesse de me poser la question : en tant que catholique affirmée, dois-je me sentir pécheresse parce que je ne vais pas à l'église tous les dimanches matins, que je ne fais pas toutes mes prières et que je n'adhère pas à un quart de ce que dit le chef suprême, notre cher benoît XVI... 
Suis-je condamnée à l'Enfer si je chaparde des élastiques H&M, si je mens sur mes horaires, si j'embrasse un garçon avant le mariage... Quand on voit certains lapider des femmes parce qu'elles portent un pantalon, massacrer des innocents, piller ou escroquer des populations appauvries au nom de Dieu, au lieu de se préoccuper de la corruption et de l'insécurité générale dans des Etats fragiles,  on se rend bien compte que la religion est avant tout une affaire de pouvoir et de contrôle social dans un système de "castes" et/ou patriarcal.


Ceci dit la question fondamentale qui se pose à moi et sûrement à vous est : Comment un esprit aussi cartésien que le mien peut-il se sensibiliser à l'idée d'un Être ou plutôt d'une quintessence supérieure à toute chose, qui régirait notre monde ? Pourquoi ai-je besoin de croire en Dieu ? Pourquoi revendiquer appartenir à telle ou telle religion ?
Depuis ma plus tendre enfance, mes parents (plus exactement ma mère) m'ont élevé dans le respect de la religion catholique. 
Comme tout bon chrétien, ils se sont évertués à nous inculquer (mes soeurs et moi), les valeurs chrétiennes avec toute la simplicité mystificatrice qu'elles comportent. Pour résumer, Dieu créa l'homme et la femme. Celle-ci de nature faible et versatile incita l'homme à commettre LE péché inexpiable. L'homme fut ainsi condamné à subir tous les aléas et les duretés d'une vie sur Terre mais il peut toujours se racheter si il suit la voie que lui a montré le Messie Jésus Christ. Ou devrait-on dire le pape et son personnel "irréprochable".
Enfant, on appréhende le monde à travers le regard que portent nos parents sur celui-ci. Ils sont notre seule référence. Mais quand vient le moment de se détacher affectivement d'eux, que l'on commence à "s'autonomiser" (néologisme ?!). Eh bien, ce qui semblait être des évidences acquises pour toujours, s'avèrent finalement plus ou moins inexactes.
Et c'est en ça que l'école joue un rôle formidable et extrêmement important : développer l'esprit critique en acquérant les connaissances que les ancêtres nous ont transmis, analyser la difficulté d'un fait,  contester en argumentant etc... Ceci m'a éloigné de la religion au terme de mes 18 ans. Mais pas de n'importe quelle religion ! il s'agissait pour moi d'une religion qui s'affirmait universelle (d'après mes cours de catéchisme) mais qui, au regard de l'Histoire, était avant tout une religion faite par des hommes blancs pour des hommes blancs. Je n'ai jamais compris comment mes parents pouvaient adhérer à un Dieu qui avait choisi un seul peuple : les Hébreux alors qu'Il doit aimer TOUS les hommes ! Je ne pardonnerai jamais le rôle majeur des catholiques dans la légalisation et l'institutionalisation de l'esclavagisme des Noirs par les européens à partir du XVIème siècle. Grâce à un bric-à-brac théologique fabriqué de toute pièce, on a pu cautionner un système injuste et criminel posant les jalons d'un racisme qui perdure !  Je ne comprends pas car il va de soi qu'il y ait une incompatibilité entre mon "identité noire", entièrement reniée dans la Bible et la foi inébranlable de ma mère.


Aujourd'hui, je me suis "remise" dans la religion. Et parce qu'elles font partie de mon identité, je ne rejette pas mes valeurs catholiques : je suis très attachée aux idées de générosité, de partage, d'amour du prochain, de justice sociale et d'humilité, véhiculées par le Christ... même si très souvent,  certains messages posent problèmes et sont constament en but avec mon esprit rationnel.
Mais la religion a ceci de fascinant qu'elle n'est pas vouée à être comprise et moi qui me targue à vouloir toujours être le plus explicite possible, je ne devrais pas utiliser le terme de "religion" mais celui de spiritualité... Mon attachement au catholicisme est réel. Et dur, dur de se défaire de ses habitudes.
A présent, il est question d'un rapport personnel entre Dieu et moi. Je ne cherche pas à convertir qui que ce soit et me permettrait jamais de juger la pratique religieuse de quelqu'un car c'est une affaire entre Dieu et l'individu. 
Cependant, il y a une chose que je souhaite aborder : les fameuses affaires des prêtres pédophiles.
Des faits déplorables qui prouvent la place ambiguë de la religion en Occident ;
La découverte d'abus sexuels sur mineurs par des prêtres et religieux catholiques au cours de ces 6 derniers mois, a fortement ébranlé les chrétiens d'Europe et d'Amérique. 
D'un naturel flegmatique et peu entrain à tenir compte des critiques des pouvoirs séculiers et encore moins des opinions publiques, le pape Benoît XVI s'est refusé à toute réaction, toujours fidèle au vieux dogme de l'infaillibilité pontificale. Mais le scandale a pris de telles proportions médiatiques que le successeur de Jean Paul II s'est résolu à demander pardon à toutes les victimes de ces agissements immoraux, lors d'une allocution prononcée le 12 juin 2010 à la place Saint-Pierre de Rome.
Ancien préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, un des ministères de l'Eglise romaine dont le rôle est  de promouvoir et de protéger la doctrine et les mœurs conformes à la foi, le pape Benoît XVI s'est tout de suite distingué par ses positions hyperconservatrices. Proposant le retour d'une liturgie catholique en latin, la prohibition totale de l'usage du préservatif au profit de l'abstinence comme moyen de lutte contre l'épidémie du SIDA ou encore par la réhabilitation d'un ecclésiastique clairement négationniste, le pape actuel semble particulièrement sensible au courant intégriste. 
Un courant qui prend de plus en plus d'ampleur via le net mais aussi grâce à une interprétation des grands conflits internationaux comme une nouvelle logique de guerre de religions opposant le camp occidental de tradition judéo-chrétienne aux barbares musulmans symbolisés en la personne de Oussama Ben Laden.
Cela permet de voir, à quel point  les sociétés occidentales entretiennent des rapports extrêmement complexes presque contradictoires avec la religion (un peu comme moi finalement !).
Mais, je trouve cela affligeant voir même inquiétant de voir un chef d'Etat se  prononcer clairement  pour une religion cf. discours de Nicolas Sarkozy au Vatican, en décembre 2007. 
Je suis assez outrée par ces hommes politiques (de plus en plus nombreux d'ailleurs ) s'affirmant, en tout cas se devant être laïques mais qui n'hésitent plus à imbriquer ce qui est de l'ordre de l'intime conviction à leur fonction publique. Ceci rien qu'à des fins politiques ! Car inconsciemment (ou sournoisement ?!), ils remettent en cause, cette laïcité tant défendue (surtout quand il s'agit de montrer du doigt les musulmans !)
Les affaires éclaboussant le Pape, et plus généralement l'Eglise catholique, révèlent le paroxysme de la déchristianisation des sociétés européennes où plus d'une personne sur cinq se déclarent ouvertement athées tandis qu'un grand nombre de ceux qui s'affirment d'obédience chrétienne, se contentent de baptiser leurs enfants, de se marier à l'église ou encore d'assister à la messe de Pâques au nom de la tradition. Ces comportements témoignent d'un enracinement profond de la religion dans l'identité culturelle d'un pays que les changements sociétaux n'ont pas pu enrayer totalement. Elle montre surtout que l'on confond ce qui est de l'ordre du culturel au cultuel, terme désignant "ce qui se rapporte au culte".


Pour finir, je veux répondre à la vindicte populaire qui s'est acharnée sur les catholiques et à tous ceux qui me regardent avec de grands yeux lorsqu'ils apprennent que je suis catholique.
Il faut arrêter de se voiler la face : l'idéologie de la modernité (qui a permis la diffusion rapide d'une position antichrétienne dans toutes les couches sociales) veut nous faire croire que les seules limites légitimes sont celles que se fixe un individu (?!). Les vieilles autorités (l'Eglise, l'Ecole, l'Armée...) n'existent plus, seule la science compte. Donc, plus besoin d'interférence pour nous dire ce qui est  bien ou mal. Sans plébisciter un retour archaïque aux valeurs d'antan chers à Pétain (Dieu, la famille et la patrie), il n'empêche que ça donne une société en mal de repères, où la violence devient endémique tandis que la déliquescence morale atteint les plus hautes sphères de l'Etat ! 
Mais ce qui me touche le plus, c'est le cynisme que brandit la naïveté moderniste. Je parle de c,es personnes qui se targuent de tout savoir comme le fonctionnement du monde, qui refuse d'adhérer à tout discours prêchant le bien, qui exclut toute chose qui cherche la "lumière" et vise l'au-delà. C'est triste de ne plus croire en rien d'incandescent, de se contenter d'une vie matérialiste où la finitude n'augure rien de réjouissant...Très souvent, je remarque un certain dédain voire de la condescendance chez mes amis les plus "éduqués" qui aiment à se penser complètement "modernes". En gros, affranchis de toute influence imposée par la société. Ce qui bien évidemment est faux ! Ce qui me touche, c'est leur volonté de tout rabaisser ! Ils prouvent une certaine bassesse, mais révèlent surtout une peur inavouable. Une peur qui habite croyant et non-croyant, la peur de la mort !
Car finalement qui comprend vraiment le monde dans lequel nous vivons ? Pourquoi sommes-nous sur Terre ? Quel est le but de l'existence humaine ?
C'est parce que l'on s'interroge, que l'on se distingue de l'animal. Et c'est pour cela que la religion, la spiritualité me semblent être une réponse adéquate, quoi que partielle à cette grande énigme qu'est la vie...