2 novembre 2010

La gauche en faillite... Une démocratie en perdition ?

Chaque jour, je m'interroge sur le sens de mon engagement... Je suis sans cesse en lutte, outrée, indignée. Avec le recul, ma jeunesse semble me rendre impétueuse et invincible. J'ai l'impression d'être habitée d'une éternelle passion pour l'Autre et que la victoire est inéluctable. Pourtant, trop souvent, je doute sur ce qui compose mon savoir-être et sur mes capacités à réussir. Face à l'insidieuse régression où nous conduit le néolibéralisme, le combat a l'air perdu d'avance. 

Alors, il me faut retrouver le courage, prendre les choses en main. Et pour cela, rien de mieux que l'analyse ;-)  Le moyen le plus approprié pour défendre mes principes, est de comprendre pourquoi ce qui me paraît évident, ne l'est pas pour mes concitoyens. Comment le triptyque "Liberté, Égalité, Fraternité", fondement de la République française, s'est laminé et se vide de sens, en ce début de XXI ème siècle. Moi qui suis née et ai grandi avec ces valeurs, je constate de plus en plus qu'elles ne vont plus de soi, pour  beaucoup de Français. Je veux donc savoir pourquoi elles tendent à dépérir.

La première raison est, bien-sûr, la formidable défaite de la Gauche (= terme dont l'origine est historique. Il désigne le groupe de députés qui, durant la période révolutionnaire, étaient en faveur d'un progrès égalitaire sous l'égide de l'Etat). Une défaite en tant que parti politique mais surtout comme courant idéologique. Une débandade que je ne saurais dater, mais qui assurément s'est accélérée à partir des années 1970 avec la crise pétrolière. La deuxième raison est mis en exergue par le philosophe Jacques Rancière. Malgré son instauration, la démocratie n'a jamais fait l'unanimité. L'épisode de la Révolution française en est un parfait exemple.

Voici des éléments de réponses apportées par deux intellectuels de renom. Des réponses édifiantes qui éclairent mes (nos) lanternes.

Pourquoi, la gauche a-t-elle failli ? Réponse du philosophe italien Raffaele Simone qui vient de sortir son essai Le Monstre doux. L'Occident vire t-il à droite ? aux éditions Gallimard :

"Alors que la droite apparaît moderne et trendy, la gauche apparaît poussiéreuse et out. Ses idéaux sont en déclin, parce qu'ils apparaissent totalement extérieurs à la modernité. La gauche s'est également affaiblie pour plusieurs raisons ces dernières années. La première, c'est que la classe ouvrière n'est plus une force d'opposition. La gauche a fait le choix de devenir une bourgeoisie consumériste. La deuxième raison, c'est le fait que les idéaux de la gauche sont aujourd'hui dépassés par «l'esprit du temps» ou Zeitgeist: l'égalité (elle limite le développement des avantages propres), la légalité (limite la satisfaction des désirs), l'équité fiscale (perturbe la consommation), l'attention pour les classes inférieures (perturbe l'intention de faire partie des classes supérieures), la justice (impose des règles), etc.  Et troisième raison, dans le monde est née une culture globale liée à l'archicapitalisme."

Extrait, source : Médiapart

Je tiens à relayer ces propos car Raffaele Simone résume très bien, en quelques lignes seulement, 50 années d'échecs du socialisme en Europe. Un naufrage presque prévisible, qui revêt différentes formes : à la fois idéologique, institutionnelle mais qui fut le plus pitoyable lorsque la Gauche fut portée au pouvoir. 

Mais finalement la question que l'on devrait tous se poser est : nos sociétés aspirent-elles vraiment à la démocratie ??? Du moins le peuvent-elles ?
Le magma idéologique du libéralisme économique (se confondant petit à petit avec l'idée de liberté), qui se déverse continuellement et dans une rare permanence depuis 2 siècles (avec une nette accélération depuis l'avénèment des médias) nous permet-il de souhaiter un réel gouvernement par le peuple et pour le peuple ? Ce qui supposerait la prise en compte de la majorité, d'oeuvrer pour les intérêts du plus grand nombre tout en garantissant la liberté de chacun appartenant à un même ensemble....

Alors que certains gouvernements prétendent vouloir propager la démocratie aux pays encore soumis au despotisme, ces mêmes gouvernements (et bien sûr je pense au chef de fil : les Etats-Unis), parés de toutes les vertus, utilisent la force des armes ! La fin justifierait les moyens... Pourtant, si l'on observe l'état de la démocratie dans ces gouvernements, on voit qu'elle est sans cesse mise à mal. L'intelligentsia semble passer son temps à la remettre en question, fustigeant un égalitarisme dévastateur, caricaturant un peuple "ignare", sensible à la démagogie et incitant nos chers politiciens à la pratique du discours populiste.

De nombreux intellectuels s'affirment soi disant pour un gouvernement démocratique... Ok ! Tant qu'il ne se laisse pas corrompre par une société, désireuse que l'on soit tous égaux et que l'on accepte toutes les différences... Car il est évident que l'égalité est impossible : seuls les meilleurs ont finalement droit aux privilèges, au nom de la sacro-sainte méritocratie ! Mais est-elle pertinente lorsque les règles de départ ne sont pas les mêmes pour tous ? Enfin, elle a toujours été perçue comme juste tandis que les différences sont illégitimes car elles sont une menace à la cohésion nationale et le terreau fertile du tant redouté communautarisme.

Oui ! Finalement, le meilleur type de régime démocratique est celui qui prône une civilisation blanche, chrétienne, hétérosexuelle et rationnelle apportant le progrès économique et social.
C'est le seul modèle légitime. L'Histoire l'a démontré avec la chute du bloc soviétique.

Ces contradictions, un homme Jacques Rancière tente de les décortiquer, par une analyse minitieuse dans son essai Une haine de la démocratie, aux éditions La Fabrique, 2005.
La principale force de ce livre est d'inscrire ce déchaînement haineux (et sournois) contre la démocratie dans une dynamique socio-historique. On prend conscience des germes et des diverses ramifications de l'actuelle défiance envers le système démocratique. Un système détourné au profit des intérêts d'une minorité toute puissante. Pour avoir une idée plus précise du livre, voici un extrait d'une interview de Jacques Rancière par le quotidien Libération.

Qu’est-ce pour vous la démocratie ?

La démocratie n’est ni la forme du gouvernement représentatif ni le type de société fondé sur le libre marché capitaliste. Il faut rendre à ce mot sa puissance de scandale. Il a d’abord été une insulte : la démocratie, pour ceux qui ne la supportent pas, est le gouvernement de la canaille, de la multitude, de ceux qui n’ont pas de titres à gouverner. Pour eux, la nature veut que le gouvernement revienne à ceux qui ont des titres à gouverner : détenteurs de la richesse, garants du rapport à la divinité, grandes familles, savants et experts. Mais pour qu’il y ait communauté politique, il faut que ces supériorités concurrentes soient ramenées à un niveau d’égalité première entre les "compétents" et les "incompétents". En ce sens, la démocratie n’est pas une forme particulière de gouvernement, mais le fondement de la politique elle-même, qui renvoie toute domination à son illégitimité première. Et son exercice déborde nécessairement les formes institutionnelles de la représentation du peuple.

Y a-t-il une haine de la démocratie en France ?

Un discours de plus en plus virulent d’une partie de la classe intellectuelle dont Alain Finkielkraut offre le condensé - accuse la démocratie de tous les maux. Depuis l’effondrement de l’alternative soviétique, ils se sont mis à opposer la démocratie, vue comme le règne des désirs individuels effrénés, à la république, pensée comme le sens de la vie collective. La démocratie, pour eux, c’est le règne de la consommation et de la déliaison sociale. Ils transforment en apocalypse la vision platonicienne de la démocratie comme monde à l’envers. Jean-Claude Milner l’a même rendue responsable de l’extermination des juifs. Mais aussi l’adaptation des Etats à un ordre économique mondial implique la constitution de nouvelles castes réunissant gouvernants, hommes d’affaires, financiers, experts. Cette oligarchie tend à considérer les expressions du peuple, y compris dans les formes institutionnelles du vote populaire, comme dangereuses. On voit se séparer deux types de légitimité : l’une, savante, des gouvernants et des experts, l’autre, populaire, de plus en plus contestée et stigmatisée comme "populiste" quand elle va à l’encontre de la logique dominante, comme lors du référendum sur la Constitution européenne.

Vous placez l’égalité au fondement de la démocratie, pourquoi ?

L’égalité n’est pas un but à atteindre, au sens d’un statut économique ou d’un mode de vie semblable pour tous. Elle est une présupposition de la politique. La démocratie est le pouvoir de n’importe qui, la contingence de toute domination. Ce n’est pas l’idée que le pouvoir doit travailler pour le bien du plus grand nombre mais celle que le plus grand nombre a vocation à s’occuper des affaires communes. L’égalité fondamentale concerne d’abord la capacité de n’importe qui à discuter des affaires de la communauté et à les mettre en oeuvre. (JE SURKIFFE CE QU'IL DIT ! C'est là où se situe tout mon combat !!!)

Que vous inspire la révolte des banlieues ?

C’est un autre effet du mépris dans lequel est tenue la capacité du plus grand nombre. Il ne s’agit pas d’intégrer des gens qui, pour la plupart, sont Français mais de faire qu’ils soient traités en égaux. Le problème n’est pas de savoir si des gens sont mal traités ou mal dans leur peau. Il est de savoir s’ils sont comptés comme sujets politiques, doués d’une parole commune. Et le sens de la révolte est aussi lié à leur propre capacité à se considérer comme tels. Apparemment ce mouvement de révolte n’a pas trouvé une forme politique, telle que je l’entends, de constitution d’une scène d’interlocution reconnaissant l’ennemi comme faisant partie de la même communauté que vous. La réaction à une situation d’inégalité est une chose. L’égalité, elle, se manifeste politiquement quand les exclus se déclarent comme inclus dans leur manière même de dénoncer l’exclusion. Pour sortir d’un schéma médical de traitement, expert des symptômes, il faut que se dégage une forme de subjectivation, traversant toutes les médiations culturelles, sociales, religieuses pour devenir la parole d’un "nous" qui construise une scène matérielle où la parole se fait acte.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Marongiu 
source : Multitudes


Et parce qu'elles sont pleines de sens, voici deux citations à méditer longuement en espérant qu'en 2012, un vrai changement de cap s'offrira à la France...

"La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité."
 - Albert Camus - 


"Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois."
- Gustave Flaubert -

La gauche en faillite... Une démocratie en perdition ?

Chaque jour, je m'interroge sur le sens de mon engagement... Je suis sans cesse en lutte, outrée, indignée. Avec le recul, ma jeunesse semble me rendre impétueuse et invincible. J'ai l'impression d'être habitée d'une éternelle passion pour l'Autre et que la victoire est inéluctable. Pourtant, trop souvent, je doute sur ce qui compose mon savoir-être et sur mes capacités à réussir. Face à l'insidieuse régression où nous conduit le néolibéralisme, le combat a l'air perdu d'avance. 

Alors, il me faut retrouver le courage, prendre les choses en main. Et pour cela, rien de mieux que l'analyse ;-)  Le moyen le plus approprié pour défendre mes principes, est de comprendre pourquoi ce qui me paraît évident, ne l'est pas pour mes concitoyens. Comment le triptyque "Liberté, Égalité, Fraternité", fondement de la République française, s'est laminé et se vide de sens, en ce début de XXI ème siècle. Moi qui suis née et ai grandi avec ces valeurs, je constate de plus en plus qu'elles ne vont plus de soi, pour  beaucoup de Français. Je veux donc savoir pourquoi elles tendent à dépérir.

La première raison est, bien-sûr, la formidable défaite de la Gauche (= terme dont l'origine est historique. Il désigne le groupe de députés qui, durant la période révolutionnaire, étaient en faveur d'un progrès égalitaire sous l'égide de l'Etat). Une défaite en tant que parti politique mais surtout comme courant idéologique. Une débandade que je ne saurais dater, mais qui assurément s'est accélérée à partir des années 1970 avec la crise pétrolière. La deuxième raison est mis en exergue par le philosophe Jacques Rancière. Malgré son instauration, la démocratie n'a jamais fait l'unanimité. L'épisode de la Révolution française en est un parfait exemple.

Voici des éléments de réponses apportées par deux intellectuels de renom. Des réponses édifiantes qui éclairent mes (nos) lanternes.

Pourquoi, la gauche a-t-elle failli ? Réponse du philosophe italien Raffaele Simone qui vient de sortir son essai Le Monstre doux. L'Occident vire t-il à droite ? aux éditions Gallimard :

"Alors que la droite apparaît moderne et trendy, la gauche apparaît poussiéreuse et out. Ses idéaux sont en déclin, parce qu'ils apparaissent totalement extérieurs à la modernité. La gauche s'est également affaiblie pour plusieurs raisons ces dernières années. La première, c'est que la classe ouvrière n'est plus une force d'opposition. La gauche a fait le choix de devenir une bourgeoisie consumériste. La deuxième raison, c'est le fait que les idéaux de la gauche sont aujourd'hui dépassés par «l'esprit du temps» ou Zeitgeist: l'égalité (elle limite le développement des avantages propres), la légalité (limite la satisfaction des désirs), l'équité fiscale (perturbe la consommation), l'attention pour les classes inférieures (perturbe l'intention de faire partie des classes supérieures), la justice (impose des règles), etc.  Et troisième raison, dans le monde est née une culture globale liée à l'archicapitalisme."

Extrait, source : Médiapart

Je tiens à relayer ces propos car Raffaele Simone résume très bien, en quelques lignes seulement, 50 années d'échecs du socialisme en Europe. Un naufrage presque prévisible, qui revêt différentes formes : à la fois idéologique, institutionnelle mais qui fut le plus pitoyable lorsque la Gauche fut portée au pouvoir. 

Mais finalement la question que l'on devrait tous se poser est : nos sociétés aspirent-elles vraiment à la démocratie ??? Du moins le peuvent-elles ?
Le magma idéologique du libéralisme économique (se confondant petit à petit avec l'idée de liberté), qui se déverse continuellement et dans une rare permanence depuis 2 siècles (avec une nette accélération depuis l'avénèment des médias) nous permet-il de souhaiter un réel gouvernement par le peuple et pour le peuple ? Ce qui supposerait la prise en compte de la majorité, d'oeuvrer pour les intérêts du plus grand nombre tout en garantissant la liberté de chacun appartenant à un même ensemble....

Alors que certains gouvernements prétendent vouloir propager la démocratie aux pays encore soumis au despotisme, ces mêmes gouvernements (et bien sûr je pense au chef de fil : les Etats-Unis), parés de toutes les vertus, utilisent la force des armes ! La fin justifierait les moyens... Pourtant, si l'on observe l'état de la démocratie dans ces gouvernements, on voit qu'elle est sans cesse mise à mal. L'intelligentsia semble passer son temps à la remettre en question, fustigeant un égalitarisme dévastateur, caricaturant un peuple "ignare", sensible à la démagogie et incitant nos chers politiciens à la pratique du discours populiste.

De nombreux intellectuels s'affirment soi disant pour un gouvernement démocratique... Ok ! Tant qu'il ne se laisse pas corrompre par une société, désireuse que l'on soit tous égaux et que l'on accepte toutes les différences... Car il est évident que l'égalité est impossible : seuls les meilleurs ont finalement droit aux privilèges, au nom de la sacro-sainte méritocratie ! Mais est-elle pertinente lorsque les règles de départ ne sont pas les mêmes pour tous ? Enfin, elle a toujours été perçue comme juste tandis que les différences sont illégitimes car elles sont une menace à la cohésion nationale et le terreau fertile du tant redouté communautarisme.

Oui ! Finalement, le meilleur type de régime démocratique est celui qui prône une civilisation blanche, chrétienne, hétérosexuelle et rationnelle apportant le progrès économique et social.
C'est le seul modèle légitime. L'Histoire l'a démontré avec la chute du bloc soviétique.

Ces contradictions, un homme Jacques Rancière tente de les décortiquer, par une analyse minitieuse dans son essai Une haine de la démocratie, aux éditions La Fabrique, 2005.
La principale force de ce livre est d'inscrire ce déchaînement haineux (et sournois) contre la démocratie dans une dynamique socio-historique. On prend conscience des germes et des diverses ramifications de l'actuelle défiance envers le système démocratique. Un système détourné au profit des intérêts d'une minorité toute puissante. Pour avoir une idée plus précise du livre, voici un extrait d'une interview de Jacques Rancière par le quotidien Libération.

Qu’est-ce pour vous la démocratie ?

La démocratie n’est ni la forme du gouvernement représentatif ni le type de société fondé sur le libre marché capitaliste. Il faut rendre à ce mot sa puissance de scandale. Il a d’abord été une insulte : la démocratie, pour ceux qui ne la supportent pas, est le gouvernement de la canaille, de la multitude, de ceux qui n’ont pas de titres à gouverner. Pour eux, la nature veut que le gouvernement revienne à ceux qui ont des titres à gouverner : détenteurs de la richesse, garants du rapport à la divinité, grandes familles, savants et experts. Mais pour qu’il y ait communauté politique, il faut que ces supériorités concurrentes soient ramenées à un niveau d’égalité première entre les "compétents" et les "incompétents". En ce sens, la démocratie n’est pas une forme particulière de gouvernement, mais le fondement de la politique elle-même, qui renvoie toute domination à son illégitimité première. Et son exercice déborde nécessairement les formes institutionnelles de la représentation du peuple.

Y a-t-il une haine de la démocratie en France ?

Un discours de plus en plus virulent d’une partie de la classe intellectuelle dont Alain Finkielkraut offre le condensé - accuse la démocratie de tous les maux. Depuis l’effondrement de l’alternative soviétique, ils se sont mis à opposer la démocratie, vue comme le règne des désirs individuels effrénés, à la république, pensée comme le sens de la vie collective. La démocratie, pour eux, c’est le règne de la consommation et de la déliaison sociale. Ils transforment en apocalypse la vision platonicienne de la démocratie comme monde à l’envers. Jean-Claude Milner l’a même rendue responsable de l’extermination des juifs. Mais aussi l’adaptation des Etats à un ordre économique mondial implique la constitution de nouvelles castes réunissant gouvernants, hommes d’affaires, financiers, experts. Cette oligarchie tend à considérer les expressions du peuple, y compris dans les formes institutionnelles du vote populaire, comme dangereuses. On voit se séparer deux types de légitimité : l’une, savante, des gouvernants et des experts, l’autre, populaire, de plus en plus contestée et stigmatisée comme "populiste" quand elle va à l’encontre de la logique dominante, comme lors du référendum sur la Constitution européenne.

Vous placez l’égalité au fondement de la démocratie, pourquoi ?

L’égalité n’est pas un but à atteindre, au sens d’un statut économique ou d’un mode de vie semblable pour tous. Elle est une présupposition de la politique. La démocratie est le pouvoir de n’importe qui, la contingence de toute domination. Ce n’est pas l’idée que le pouvoir doit travailler pour le bien du plus grand nombre mais celle que le plus grand nombre a vocation à s’occuper des affaires communes. L’égalité fondamentale concerne d’abord la capacité de n’importe qui à discuter des affaires de la communauté et à les mettre en oeuvre. (JE SURKIFFE CE QU'IL DIT ! C'est là où se situe tout mon combat !!!)

Que vous inspire la révolte des banlieues ?

C’est un autre effet du mépris dans lequel est tenue la capacité du plus grand nombre. Il ne s’agit pas d’intégrer des gens qui, pour la plupart, sont Français mais de faire qu’ils soient traités en égaux. Le problème n’est pas de savoir si des gens sont mal traités ou mal dans leur peau. Il est de savoir s’ils sont comptés comme sujets politiques, doués d’une parole commune. Et le sens de la révolte est aussi lié à leur propre capacité à se considérer comme tels. Apparemment ce mouvement de révolte n’a pas trouvé une forme politique, telle que je l’entends, de constitution d’une scène d’interlocution reconnaissant l’ennemi comme faisant partie de la même communauté que vous. La réaction à une situation d’inégalité est une chose. L’égalité, elle, se manifeste politiquement quand les exclus se déclarent comme inclus dans leur manière même de dénoncer l’exclusion. Pour sortir d’un schéma médical de traitement, expert des symptômes, il faut que se dégage une forme de subjectivation, traversant toutes les médiations culturelles, sociales, religieuses pour devenir la parole d’un "nous" qui construise une scène matérielle où la parole se fait acte.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Marongiu 
source : Multitudes


Et parce qu'elles sont pleines de sens, voici deux citations à méditer longuement en espérant qu'en 2012, un vrai changement de cap s'offrira à la France...

"La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité."
 - Albert Camus - 


"Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois."
- Gustave Flaubert -

13 octobre 2010

Crépuscule

AVERTISSEMENT : Ce post est l'extrait d'une NOUVELLE en pleine ébauche. 
Petit rappel du cours de français ;-) : la Nouvelle est un genre littéraire qui se caractérise par un texte court, d'où son nom en anglais SHORT STORY . Elle se concentre généralement sur un seul évènement et ne dévoile qu'une courte période de la vie des personnages.
Sans aucune prétention, je souhaite partager mon amour pour l'écriture en présentant cet extrait. 
C'est une initiative totalement spontanée et j'attends bien évidement des commentaires de mes lecteurs bien-aimés 


Enfin, toute ressemblance avec un personnage existant serait une pure coïncidence :-)


Bonne lecture

Mes yeux se gonflent de larmes... je sens la goutte du désespoir roulée le long de ma joue.
Le visage stoïque je suis paralysée comme écrasée par l'absence de perspective.
Je pleure sans douleur... Je suis vide... de sens....mes gestes, mes actes me paraissent absurdes
Est-il possible de vouloir encore vivre lorsque l'on prend conscience de la vanité de sa vie ?
J'ai vu cet homme, je n'ai pas compris ce qu'il a voulu me dire : il est apparu vêtu d'un simple pagne au tissu fin.  Son corps squelettique m'évoque la mort, sa barbe hirsute me dégoûte, il se tient là face à moi.
Nos regards se croisent je voudrais prendre ce couteau et l'enfoncer dans son estomac qu'il pisse le sang. Je l'imagine soudain son corps se recroqueviller de douleur et reprenant la place qui lui ai dû , il n'est rien qu'il retourne à la Terre qu'il ne daigne pas me regarder...moi je suis toute puissante ! je me suis octroyée le droit de vie ou de mort sur cet homme. Il fallait que je le tue, son regard n'arrêtait pas de me dire "Tu ne vaux rien, une incapable, regarde toi ! regarde ta vie que du bla-bla mais au fond qu'as tu fais ? tu prétends aimer ce monde, alors que tu participes à sa perversion"... Il a sûrement raison je suis probablement comme l'autre l'a dit. Celui qui n'aime pas sa vie me dit que je suis une looseuse...
Je me réfugie dans les bras musclés de cet homme si grand si fort en apparence mais il est perdu autant que moi. Si perdu qu'il refuse de dormir la lumière éteinte. Il craint les ténèbres qui le ramène inéluctablement face à lui-même. En proie à ses angoisses qu'il traîne depuis l'enfance, je voudrais le sauver. Comme l'autre... Je ne pense pas avoir de mission mais je me dis que si Dieu nous a mis sur le même chemin c'est que l'on doit s'apporter quelque chose de crucial l'un à l'autre. On s'est rencontré un soir d'été sur le fleuve Congo. Il me parle du grand royaume de nos ancêtres, celui qui réunissait tout le littoral Ouest de l'Afrique équatoriale. Il parle avec fierté de renaissance, de retour aux sources, d'un devoir, le sien, d'une prétendue suprématie noire... Je suis perplexe... Son appréhension du monde me semble inerte, fausse. Sa logique est totalisante et réductrice. Il a la bravoure et la folie d'un extrémiste. Je sens son corps qui s'alourdit, il est en moi et j'aime ça. Je veux sentir sa haine, sa mégalomanie destructrice. Je suis sure qu'il pense être un envoyé de Dieu, qu'il réussira à changer le monde. Il est si naïf... c'est ça être un homme qui a peur du noir... Je suis comme lui, je crois pouvoir faire bouger les choses sauf que lui il assume son désir de puissance, d'ailleurs elle m'explose au visage. Je suis en colère parce qu'il ment à tout le monde et surtout à lui même... je le plaque violemment sur le coté du lit pour l'empêcher de m'embrasser et là je saisis le coussin. Avec toutes mes forces, je l'étouffe. Je ne veux plus sentir son corps, je ne veux plus sentir son odeur, ni entendre ses soupirs cédant au désir... pourquoi je me sens si bien dans ses bras si je ne l'aime pas... Seul un homme peut se rabaisser au rang d'animal en dissociant sentiments et sexe, du moins c'est ce que l'on nous fait croire.... Je n'assume pas ma relation...ni mon corps, il est trop gros, lourd et courbaturé... Mes bras sont énormes, mon ventre rivalise avec celui d'une femme enceinte et la cellulite se fait de plus en plus visible. Que faire de ce corps ? Ne plus le nourrir? C'est une mort bien trop lente... Mais comment ai-je pu croire en lui ? J'étais persuadée que l'on devait vivre quelque chose de beau, de fort, de court  ! Aujourd'hui c'est fini... J'ai vécu une histoire banalement illusoire. Je me souviens encore du jour où je l'ai rencontré. Dès qu'il a parlé c'était comme si un voile obscur s'était levé. Comme si tout devenait sensé et possible. Que finalement, je n'étais pas seule dans ce monde amer...
"Ne m'appelle pas, j'utilise très peu mon portable..." De nos jours, qui peut prétendre ne pas se servir de son téléphone portable ? Ce propos aberrant raisonne si fort en moi mais je veux l'ignorer. Non, il n'a pas dit ça. "il ment et tu le sais"... "oui je sais"... Je sais qu'il y aura une faille dans cette histoire mais je veux y croire. Tu comprends, j'ai besoin d'y croire ! J'ai besoin de cette pression thoracique : ça veut dire que je suis en vie. Quand il est là mon coeur bat à cent à l'heure, je ne peux m'empêcher de plonger mes yeux dans les siens, il m'envoûte, le monde n'existe plus. Je vois son désir. Il pavane encore plus. Son ego est regonflé à bloc. Me voici, un an plus tard... Je suis seule, assise sur un fauteuil en cuir beige. Le seul meuble qui trône au beau milieu de cet appartement vide. J'ai souffert son corps, il m'appartenait. J'ai attendu ce moment depuis si longtemps... Chaque goutte de sang produit un son étrange. Je glisse mon doigt dans ce liquide vermillon avant de le goûter. Je pense à son affliction... Elle sera tellement anéantie... Pauvre femme soumise... Comment fera t-elle pour élever ses enfants seule ? Sait-elle que de toute façon il ne la méritait pas ? Aucune d'entre nous ne méritait cet homme... Son blackberry, symbole de sa décadence gît dans son sang. Je l'ai sauvé de moi mais surtout de lui-même. Cet homme n'avait plus de fierté et encore moins de dignité... Contrairement à ce qu'il prétendait alors il peut bien s'en aller... Il a gâché toute sa vie... il n'aurait jamais dû, il s'est déshonoré et s'est compromis... il ne peut susciter la considération et encore moins de la pitié.
Ce monde doit être purifier...
Je n'y arrive plus. Les larmes sont devenues des flots... Mon visage est luisant, ma peau irritée par toute cette eau salée qui n'en finit plus de couler...
Je rêve d'un monde meilleur ... Mon amie me dit qu'il sera bientôt là, qu'il faut rester courageuse et garder la foi... J'ai rencontré cette fille formidable au détour d'une rue. Elle est apparue comme un ange. Je ne remercierais jamais assez Dieu pour l'avoir mise sur mon chemin. Grâce à elle, tout devient limpide. Elle m'a redonné confiance en moi.. Elle a tenu ma main et continue de le faire bien qu'elle sache qu'au fond je suis une folle et que je peux commettre des actes ignobles. Je veux oublier... Alors que dois-je faire maintenant ?
"Il arrive !" Même si je vois, au loin, le crépuscule envelopper le jour...


À suivre

Crépuscule

AVERTISSEMENT : Ce post est l'extrait d'une NOUVELLE en pleine ébauche. 
Petit rappel du cours de français ;-) : la Nouvelle est un genre littéraire qui se caractérise par un texte court, d'où son nom en anglais SHORT STORY . Elle se concentre généralement sur un seul évènement et ne dévoile qu'une courte période de la vie des personnages.
Sans aucune prétention, je souhaite partager mon amour pour l'écriture en présentant cet extrait. 
C'est une initiative totalement spontanée et j'attends bien évidement des commentaires de mes lecteurs bien-aimés 


Enfin, toute ressemblance avec un personnage existant serait une pure coïncidence :-)


Bonne lecture

Mes yeux se gonflent de larmes... je sens la goutte du désespoir roulée le long de ma joue.
Le visage stoïque je suis paralysée comme écrasée par l'absence de perspective.
Je pleure sans douleur... Je suis vide... de sens....mes gestes, mes actes me paraissent absurdes
Est-il possible de vouloir encore vivre lorsque l'on prend conscience de la vanité de sa vie ?
J'ai vu cet homme, je n'ai pas compris ce qu'il a voulu me dire : il est apparu vêtu d'un simple pagne au tissu fin.  Son corps squelettique m'évoque la mort, sa barbe hirsute me dégoûte, il se tient là face à moi.
Nos regards se croisent je voudrais prendre ce couteau et l'enfoncer dans son estomac qu'il pisse le sang. Je l'imagine soudain son corps se recroqueviller de douleur et reprenant la place qui lui ai dû , il n'est rien qu'il retourne à la Terre qu'il ne daigne pas me regarder...moi je suis toute puissante ! je me suis octroyée le droit de vie ou de mort sur cet homme. Il fallait que je le tue, son regard n'arrêtait pas de me dire "Tu ne vaux rien, une incapable, regarde toi ! regarde ta vie que du bla-bla mais au fond qu'as tu fais ? tu prétends aimer ce monde, alors que tu participes à sa perversion"... Il a sûrement raison je suis probablement comme l'autre l'a dit. Celui qui n'aime pas sa vie me dit que je suis une looseuse...
Je me réfugie dans les bras musclés de cet homme si grand si fort en apparence mais il est perdu autant que moi. Si perdu qu'il refuse de dormir la lumière éteinte. Il craint les ténèbres qui le ramène inéluctablement face à lui-même. En proie à ses angoisses qu'il traîne depuis l'enfance, je voudrais le sauver. Comme l'autre... Je ne pense pas avoir de mission mais je me dis que si Dieu nous a mis sur le même chemin c'est que l'on doit s'apporter quelque chose de crucial l'un à l'autre. On s'est rencontré un soir d'été sur le fleuve Congo. Il me parle du grand royaume de nos ancêtres, celui qui réunissait tout le littoral Ouest de l'Afrique équatoriale. Il parle avec fierté de renaissance, de retour aux sources, d'un devoir, le sien, d'une prétendue suprématie noire... Je suis perplexe... Son appréhension du monde me semble inerte, fausse. Sa logique est totalisante et réductrice. Il a la bravoure et la folie d'un extrémiste. Je sens son corps qui s'alourdit, il est en moi et j'aime ça. Je veux sentir sa haine, sa mégalomanie destructrice. Je suis sure qu'il pense être un envoyé de Dieu, qu'il réussira à changer le monde. Il est si naïf... c'est ça être un homme qui a peur du noir... Je suis comme lui, je crois pouvoir faire bouger les choses sauf que lui il assume son désir de puissance, d'ailleurs elle m'explose au visage. Je suis en colère parce qu'il ment à tout le monde et surtout à lui même... je le plaque violemment sur le coté du lit pour l'empêcher de m'embrasser et là je saisis le coussin. Avec toutes mes forces, je l'étouffe. Je ne veux plus sentir son corps, je ne veux plus sentir son odeur, ni entendre ses soupirs cédant au désir... pourquoi je me sens si bien dans ses bras si je ne l'aime pas... Seul un homme peut se rabaisser au rang d'animal en dissociant sentiments et sexe, du moins c'est ce que l'on nous fait croire.... Je n'assume pas ma relation...ni mon corps, il est trop gros, lourd et courbaturé... Mes bras sont énormes, mon ventre rivalise avec celui d'une femme enceinte et la cellulite se fait de plus en plus visible. Que faire de ce corps ? Ne plus le nourrir? C'est une mort bien trop lente... Mais comment ai-je pu croire en lui ? J'étais persuadée que l'on devait vivre quelque chose de beau, de fort, de court  ! Aujourd'hui c'est fini... J'ai vécu une histoire banalement illusoire. Je me souviens encore du jour où je l'ai rencontré. Dès qu'il a parlé c'était comme si un voile obscur s'était levé. Comme si tout devenait sensé et possible. Que finalement, je n'étais pas seule dans ce monde amer...
"Ne m'appelle pas, j'utilise très peu mon portable..." De nos jours, qui peut prétendre ne pas se servir de son téléphone portable ? Ce propos aberrant raisonne si fort en moi mais je veux l'ignorer. Non, il n'a pas dit ça. "il ment et tu le sais"... "oui je sais"... Je sais qu'il y aura une faille dans cette histoire mais je veux y croire. Tu comprends, j'ai besoin d'y croire ! J'ai besoin de cette pression thoracique : ça veut dire que je suis en vie. Quand il est là mon coeur bat à cent à l'heure, je ne peux m'empêcher de plonger mes yeux dans les siens, il m'envoûte, le monde n'existe plus. Je vois son désir. Il pavane encore plus. Son ego est regonflé à bloc. Me voici, un an plus tard... Je suis seule, assise sur un fauteuil en cuir beige. Le seul meuble qui trône au beau milieu de cet appartement vide. J'ai souffert son corps, il m'appartenait. J'ai attendu ce moment depuis si longtemps... Chaque goutte de sang produit un son étrange. Je glisse mon doigt dans ce liquide vermillon avant de le goûter. Je pense à son affliction... Elle sera tellement anéantie... Pauvre femme soumise... Comment fera t-elle pour élever ses enfants seule ? Sait-elle que de toute façon il ne la méritait pas ? Aucune d'entre nous ne méritait cet homme... Son blackberry, symbole de sa décadence gît dans son sang. Je l'ai sauvé de moi mais surtout de lui-même. Cet homme n'avait plus de fierté et encore moins de dignité... Contrairement à ce qu'il prétendait alors il peut bien s'en aller... Il a gâché toute sa vie... il n'aurait jamais dû, il s'est déshonoré et s'est compromis... il ne peut susciter la considération et encore moins de la pitié.
Ce monde doit être purifier...
Je n'y arrive plus. Les larmes sont devenues des flots... Mon visage est luisant, ma peau irritée par toute cette eau salée qui n'en finit plus de couler...
Je rêve d'un monde meilleur ... Mon amie me dit qu'il sera bientôt là, qu'il faut rester courageuse et garder la foi... J'ai rencontré cette fille formidable au détour d'une rue. Elle est apparue comme un ange. Je ne remercierais jamais assez Dieu pour l'avoir mise sur mon chemin. Grâce à elle, tout devient limpide. Elle m'a redonné confiance en moi.. Elle a tenu ma main et continue de le faire bien qu'elle sache qu'au fond je suis une folle et que je peux commettre des actes ignobles. Je veux oublier... Alors que dois-je faire maintenant ?
"Il arrive !" Même si je vois, au loin, le crépuscule envelopper le jour...


À suivre

30 août 2010

Pour la déchéance du sarkozysme...

Digne d'un pacha, issu de ces pays gouvernés par une oligarchie sans scrupules (je pense notamment aux riches émirs du pétrole de la péninsule arabique ou encore aux nouvelles fortunes russes plus au moins liées à la mafia locale), le président de la République actuel vient d'acquérir un nouvel Airbus : le A330-220. Equipé d'un bureau avec salon, d'une salle de réunion avec chambre à coucher, salle de bain et une clinique (!!) "pour tous les cas imaginables", le luxueux appareil comprend une soixantaine de fauteuils inclinables de classe business au lieu des 324 sièges habituels des deux moyen-courriers de type A139 CJ qu'utilisait jusqu'à présent le chef d'Etat pour ses déplacements à l'étranger...
Un changement radical qui chez Mr Sarkozy sonne presque comme une volonté mégalomane et puérile d'avoir un avion présidentiel aussi grand que l'Air Force One d'Obama, qui je le rappelle est le chef de la première puissance économique du monde.
Rivalité ou juste par simple commodité (?), cela aura tout de même coûté la modique somme de 176 millions d'euros, bien-sûr aux frais de tous les citoyens français qui payent leurs impôts.
En ces temps difficiles, où l'avenir semble se faire de plus en plus sombre pour une grande majorité des Français, le tout nouveau joujou du président bling-bling me laisse pantois ! Je dirais même qu'il m'écoeure ! Et pour ajouter un peu plus de cynisme à cet événement, Mr le président s'est permis d'adresser une lettre, fin juin, à son premier ministre François Fillon pour inciter son gouvernement à faire des économies en cette période de crise...
Car il n'aura pas échapper que ce gouvernement s'illustre pour son goût immodéré du luxe ! Complètement déconnectés de la réalité, sans aucune morale et ni sens de la préservation du bien public, un certain nombre de ses charognards ont été surpris à piquer dans les deniers publics afin d'arrondir les  fins de mois à coup de frais personnels passer sur le compte du contribuable. C'est parmi ces élites politiques, enivrées de pouvoir, que l'on découvre que l'ancien ministre de l'industrie Christian Estrosi affrète, en janvier 2008, un charter privé, facturé 138 000 euros au contribuable au lieu de prendre un vol ordinaire pour se rendre à Washington . Ce même ministre a aussi fait la une des journaux car l'un de ses appartements de fonction était occupé en réalité par sa fille. Tandis que l'ancien secrétaire d'Etat, Christian Blanc se faisait livrer 12 000 euros de cigares toujours aux frais du contribuable !

Pour contrecarrer son déficit d'image et sa perte de crédibilité, Sarkozy change du tout au tout (enfin pas pour très longtemps me direz vous !). C'est ainsi qu'en quelques mois, on est passé d'un président assumant son côté bling-bling à un homme qui se veut simple, habité d'une humilité factice. Il suffit de regarder son attitude, le ton qu'il empreinte, l'étrange faciès à la fois grave et tourmenté dans tous ses derniers discours... Décidement, Mr Sarkozy est un formidable comédien et un très bon orateur.
Seulement voilà, il a fallu qu'il soit rattrapé par les aléas propres au pouvoir.
La révélation (je dirais plutôt la redécouverte d'une très vielle pratique dans la politique française) de ses connivences immorales avec les élites économiques, dans le cadre de l'affaire Bettencourt,  a rappelé toute l'hypocrisie de ces politiciens qui prétendent vouloir chasser les niches fiscales alors que la seule chose qui les préoccupe est de préserver les intérêts des grands patrons. Des grands patrons à qui Mr Sarkozy a autorisé de faire la razzia sur les biens publiques, d'évincer toute concurrence pour maintenir des prix élévés au détriment du pouvoir d'achat de la population de plus en plus précaire.

Oui le comble de toute cette histoire,  c'est que non seulement nos dirigeants font la java avec nos sous mais ils osent montrer du doigt une catégorie de personnes, des personnes qui payent sous forme d'impôts une partie de leur train de vie ! Pour détourner l'attention de ses piteux résultats politiques, l'actuel résident de l'Elysée n'a pas hésiter  à montrer les gros bras en s'attaquant aux plus faibles, ceux à qui l'on remet toujours en question leur légitimité à vivre dans ce pays.
Quand Monsieur se fait réprimander de toute part pour sa bassesse (en même temps, j'ai envie de vous dire, on vous avait prévenu !),  Comment réagit-il ? Comme tout mâle complexé, vexé ou atteint dans ses désirs de pouvoir et/ou de grande gloire. Surpris dans sa médiocrité et dans ses vices, cet être si petit moralement et physiquement, (bon celle là, je le concède, elle est trop facile et j'ai horreur des attaques ad-hominem mais avec lui, pas de pitié ! lol ), déchaîne son impuissance en tapant sur les faibles avec le courage de la couardise. Il s'attaque aux vulnérables, se déresponsabilise de ses échecs en désignant des boucs émissaires qu'un "banal" fait divers aurait démontré qu'ils étaient la cause de tous les déboires et maux de cette société en perte de vitesse. C'est donc à coup de grands discours populistes ( cf. Discours à Grenoble le 30 juillet 2010 ), que Mr Sarkozy cherche à éveiller les plus vils instincts des Français, des instincts fomentés par des années de manipulation médiatique, de désinformation instrumentalisant la peur de l'Autre.

Grâce à Mr Sarkozy, la France, cette grande patrie des Droits de l'homme, devient le théâtre d'une régression morale et politique de plus en plus insupportable. Car maintenant, il s'agit pour "sauver sa peau", de renier sa fonction présidentielle dont le principal rôle est d'être le gardien de la Constitution française et de veiller à la continuité de ses institutions.  Au lieu de ça, ce mégalomane haineux et arriviste bafoue la Constitution sans aucun scrupule ! Au lieu d'honorer sa charge de :  président de tous les Français, (car faut-il rappeler qu'il est élu au suffrage universel ! ), il préfère la salir en décrétant qu'il faut déchoir de la nationalité les Français d'origine étrangère ! Il affirme que : "La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme ou de toute personne dépositaire de l'autorité publique." Visant clairement les jeunes de banlieues et des communautés "ethniques", Mr Sarkozy méprise le principe fondamental de la République française à des fins démagogiques... En l'espace d'un discours, il a avili l'article premier de la Constitution de 1958 qui stipule que  : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion". A l'instar de Jean-Marie LePen,  il veut créer une sous catégorie de Français, assujetis aux mêmes devoirs mais ne bénéficiant pas des mêmes droits. Tout ceci en dédaignant le droit international qui interdit de fabriquer des apatrides !

Ce qui est le plus flippant dans cette histoire, c'est de voir qu'un parti "normalisé" puisse penser à mettre en oeuvre les idées d'un parti "irrégulier", du moins constitutionnellement incompatible avec l'exercice du pouvoir. Même si par stratégie, les deux grands partis de France (PS et UMP) n'ont jamais eu peur de jouer avec le FN, il n'y avait aucune raison de s'affoler tant que celui-ci restait l'apanage d'une petite minorité, incapable d'accéder au pouvoir. Seulement, le choc du second tour des élections présidentielles de 2002 a rappelé à quel point le jeu s'est avéré dangereux et dans un sursaut de républicanisme, Jacques Chirac fut élu à l'unanimité. Le réveil a été de courte durée ! Et ce qui en train de se mettre en place est très inquiétant ! Maintenant, ce sont les prétendus gardes fous de la République qui glissent vers les idées dignes des régimes fascistes de l'entre-deux-guerres, de façon insidieuse, disons plus "édulcorée" !
Faisant fi de toute conscience de son rôle d'homme d'Etat, dévoué à la chose publique et à la Nation, Mr Sarkozy a donc choisi d'accroître les divisions, d'exciter les haines qui couvent depuis bien longtemps à travers les préjugés et le racisme larvé. Une haine d'autant plus facile à réactiver qu'en période de crise, les gens cèdent facilement aux discours simplistes qui voient les terribles maux de la société comme des cause exogènes, uniquement dus à la présence d'une population définitivement étrangère.
"Ben il est évident que si tout périclite en France, c'est à cause des étrangers et de leurs enfants ! Ils viennent ici pour foutre la merde, n'est ce pas ?! car le vrai problème : c'est l'insécurité ! on ne se croirait plus chez nous" dixit le FN ! moi je dirais que la vérité est ailleurs ;
La vérité est que la politique du sarkozysme est un échec. Elle a consisté uniquement à accélérer le déclin de la France amorcé depuis la crise pétrolière de 1973.

Les seules responsables sont nos dirigeants ! C'est à cause d'eux que les services publics se démantèlent. C'est eux qui l'ont détruit à coup de privatisations. Désormais, ne compte que l'efficacité, la rentabilité et un personnel qui se doit d'être plus flexible et moins regardant sur son salaire (c'est vrai quoi ! quand on a un boulot, on se la ferme ! Vu les 2 millions de chômeurs qui attendent derrière la porte). Un personnel réduit qui doit donner le maximum avec le minimum de moyens ! Là en l'occurence, je sais de quoi je parle puisque c'est la politique menée dans l'Education Nationale tandis que les médias se chargent de  grogner sur ces professeurs fainéants qui ne pensent qu'à faire grève ! le mieux c'est de foutre les enfants en école privée... Si vous avez les moyens bien sûr !
Le Sarkozysme, c'est le paroxysme de la société néolibérale, individualiste et liberticide ! Partout, il cherche à prendre le contrôle, la preuve dans les médias où la main mise du pouvoir politique se fait de plus en plus oppressante. Derniers exemples en date : l'éviction des humoristes un peu trop satiriques Stéphane Guillon et Didier Porte, remerciés de France Inter ou encore par les tentatives d'intervention du président dans la recapitalisation du groupe "Le Monde" au mépris de la liberté de la presse !
Le sarkozysme, c'est aussi une politique soi-disant sécuritaire consistant à vidéo-surveiller la population, à chasser les Roms, à expulser des populations en situation irrégulière mais surtout précaires ! C'est exacerber les tensions, cautionner l'injustice et favoriser la violence répressive chez le personnel policier acculé aux taches inhumaines tout ça dans le stress de remplir les objectifs fixés par le gouvernement avec un effectif réduit en peau de chagrin !
Le sarkozysme c'est tout ça... Une véritable honte, de la tristesse et parfois du désespoir.
Mais c'est surtout une aubaine, le moment de dire stop et d'agir, d'amorcer un changement ! On est tomber bien bas, il est temps de se relever !
Alors ne croisons pas les doigts et agissons, chacun à notre manière !
Ne vous inquiètez pas ! je ne vais pas me mettre à chanter l'Internationale mais seulement vous inviter à rejoindre la manifestation qui aura lieu le samedi 4 septembre 2010 contre les dérives du sarkozysme, à partir de 14 h Place de la République.
En tout cas, moi j'y serai !

Pour la déchéance du sarkozysme...

Digne d'un pacha, issu de ces pays gouvernés par une oligarchie sans scrupules (je pense notamment aux riches émirs du pétrole de la péninsule arabique ou encore aux nouvelles fortunes russes plus au moins liées à la mafia locale), le président de la République actuel vient d'acquérir un nouvel Airbus : le A330-220. Equipé d'un bureau avec salon, d'une salle de réunion avec chambre à coucher, salle de bain et une clinique (!!) "pour tous les cas imaginables", le luxueux appareil comprend une soixantaine de fauteuils inclinables de classe business au lieu des 324 sièges habituels des deux moyen-courriers de type A139 CJ qu'utilisait jusqu'à présent le chef d'Etat pour ses déplacements à l'étranger...
Un changement radical qui chez Mr Sarkozy sonne presque comme une volonté mégalomane et puérile d'avoir un avion présidentiel aussi grand que l'Air Force One d'Obama, qui je le rappelle est le chef de la première puissance économique du monde.
Rivalité ou juste par simple commodité (?), cela aura tout de même coûté la modique somme de 176 millions d'euros, bien-sûr aux frais de tous les citoyens français qui payent leurs impôts.
En ces temps difficiles, où l'avenir semble se faire de plus en plus sombre pour une grande majorité des Français, le tout nouveau joujou du président bling-bling me laisse pantois ! Je dirais même qu'il m'écoeure ! Et pour ajouter un peu plus de cynisme à cet événement, Mr le président s'est permis d'adresser une lettre, fin juin, à son premier ministre François Fillon pour inciter son gouvernement à faire des économies en cette période de crise...
Car il n'aura pas échapper que ce gouvernement s'illustre pour son goût immodéré du luxe ! Complètement déconnectés de la réalité, sans aucune morale et ni sens de la préservation du bien public, un certain nombre de ses charognards ont été surpris à piquer dans les deniers publics afin d'arrondir les  fins de mois à coup de frais personnels passer sur le compte du contribuable. C'est parmi ces élites politiques, enivrées de pouvoir, que l'on découvre que l'ancien ministre de l'industrie Christian Estrosi affrète, en janvier 2008, un charter privé, facturé 138 000 euros au contribuable au lieu de prendre un vol ordinaire pour se rendre à Washington . Ce même ministre a aussi fait la une des journaux car l'un de ses appartements de fonction était occupé en réalité par sa fille. Tandis que l'ancien secrétaire d'Etat, Christian Blanc se faisait livrer 12 000 euros de cigares toujours aux frais du contribuable !

Pour contrecarrer son déficit d'image et sa perte de crédibilité, Sarkozy change du tout au tout (enfin pas pour très longtemps me direz vous !). C'est ainsi qu'en quelques mois, on est passé d'un président assumant son côté bling-bling à un homme qui se veut simple, habité d'une humilité factice. Il suffit de regarder son attitude, le ton qu'il empreinte, l'étrange faciès à la fois grave et tourmenté dans tous ses derniers discours... Décidement, Mr Sarkozy est un formidable comédien et un très bon orateur.
Seulement voilà, il a fallu qu'il soit rattrapé par les aléas propres au pouvoir.
La révélation (je dirais plutôt la redécouverte d'une très vielle pratique dans la politique française) de ses connivences immorales avec les élites économiques, dans le cadre de l'affaire Bettencourt,  a rappelé toute l'hypocrisie de ces politiciens qui prétendent vouloir chasser les niches fiscales alors que la seule chose qui les préoccupe est de préserver les intérêts des grands patrons. Des grands patrons à qui Mr Sarkozy a autorisé de faire la razzia sur les biens publiques, d'évincer toute concurrence pour maintenir des prix élévés au détriment du pouvoir d'achat de la population de plus en plus précaire.

Oui le comble de toute cette histoire,  c'est que non seulement nos dirigeants font la java avec nos sous mais ils osent montrer du doigt une catégorie de personnes, des personnes qui payent sous forme d'impôts une partie de leur train de vie ! Pour détourner l'attention de ses piteux résultats politiques, l'actuel résident de l'Elysée n'a pas hésiter  à montrer les gros bras en s'attaquant aux plus faibles, ceux à qui l'on remet toujours en question leur légitimité à vivre dans ce pays.
Quand Monsieur se fait réprimander de toute part pour sa bassesse (en même temps, j'ai envie de vous dire, on vous avait prévenu !),  Comment réagit-il ? Comme tout mâle complexé, vexé ou atteint dans ses désirs de pouvoir et/ou de grande gloire. Surpris dans sa médiocrité et dans ses vices, cet être si petit moralement et physiquement, (bon celle là, je le concède, elle est trop facile et j'ai horreur des attaques ad-hominem mais avec lui, pas de pitié ! lol ), déchaîne son impuissance en tapant sur les faibles avec le courage de la couardise. Il s'attaque aux vulnérables, se déresponsabilise de ses échecs en désignant des boucs émissaires qu'un "banal" fait divers aurait démontré qu'ils étaient la cause de tous les déboires et maux de cette société en perte de vitesse. C'est donc à coup de grands discours populistes ( cf. Discours à Grenoble le 30 juillet 2010 ), que Mr Sarkozy cherche à éveiller les plus vils instincts des Français, des instincts fomentés par des années de manipulation médiatique, de désinformation instrumentalisant la peur de l'Autre.

Grâce à Mr Sarkozy, la France, cette grande patrie des Droits de l'homme, devient le théâtre d'une régression morale et politique de plus en plus insupportable. Car maintenant, il s'agit pour "sauver sa peau", de renier sa fonction présidentielle dont le principal rôle est d'être le gardien de la Constitution française et de veiller à la continuité de ses institutions.  Au lieu de ça, ce mégalomane haineux et arriviste bafoue la Constitution sans aucun scrupule ! Au lieu d'honorer sa charge de :  président de tous les Français, (car faut-il rappeler qu'il est élu au suffrage universel ! ), il préfère la salir en décrétant qu'il faut déchoir de la nationalité les Français d'origine étrangère ! Il affirme que : "La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme ou de toute personne dépositaire de l'autorité publique." Visant clairement les jeunes de banlieues et des communautés "ethniques", Mr Sarkozy méprise le principe fondamental de la République française à des fins démagogiques... En l'espace d'un discours, il a avili l'article premier de la Constitution de 1958 qui stipule que  : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion". A l'instar de Jean-Marie LePen,  il veut créer une sous catégorie de Français, assujetis aux mêmes devoirs mais ne bénéficiant pas des mêmes droits. Tout ceci en dédaignant le droit international qui interdit de fabriquer des apatrides !

Ce qui est le plus flippant dans cette histoire, c'est de voir qu'un parti "normalisé" puisse penser à mettre en oeuvre les idées d'un parti "irrégulier", du moins constitutionnellement incompatible avec l'exercice du pouvoir. Même si par stratégie, les deux grands partis de France (PS et UMP) n'ont jamais eu peur de jouer avec le FN, il n'y avait aucune raison de s'affoler tant que celui-ci restait l'apanage d'une petite minorité, incapable d'accéder au pouvoir. Seulement, le choc du second tour des élections présidentielles de 2002 a rappelé à quel point le jeu s'est avéré dangereux et dans un sursaut de républicanisme, Jacques Chirac fut élu à l'unanimité. Le réveil a été de courte durée ! Et ce qui en train de se mettre en place est très inquiétant ! Maintenant, ce sont les prétendus gardes fous de la République qui glissent vers les idées dignes des régimes fascistes de l'entre-deux-guerres, de façon insidieuse, disons plus "édulcorée" !
Faisant fi de toute conscience de son rôle d'homme d'Etat, dévoué à la chose publique et à la Nation, Mr Sarkozy a donc choisi d'accroître les divisions, d'exciter les haines qui couvent depuis bien longtemps à travers les préjugés et le racisme larvé. Une haine d'autant plus facile à réactiver qu'en période de crise, les gens cèdent facilement aux discours simplistes qui voient les terribles maux de la société comme des cause exogènes, uniquement dus à la présence d'une population définitivement étrangère.
"Ben il est évident que si tout périclite en France, c'est à cause des étrangers et de leurs enfants ! Ils viennent ici pour foutre la merde, n'est ce pas ?! car le vrai problème : c'est l'insécurité ! on ne se croirait plus chez nous" dixit le FN ! moi je dirais que la vérité est ailleurs ;
La vérité est que la politique du sarkozysme est un échec. Elle a consisté uniquement à accélérer le déclin de la France amorcé depuis la crise pétrolière de 1973.

Les seules responsables sont nos dirigeants ! C'est à cause d'eux que les services publics se démantèlent. C'est eux qui l'ont détruit à coup de privatisations. Désormais, ne compte que l'efficacité, la rentabilité et un personnel qui se doit d'être plus flexible et moins regardant sur son salaire (c'est vrai quoi ! quand on a un boulot, on se la ferme ! Vu les 2 millions de chômeurs qui attendent derrière la porte). Un personnel réduit qui doit donner le maximum avec le minimum de moyens ! Là en l'occurence, je sais de quoi je parle puisque c'est la politique menée dans l'Education Nationale tandis que les médias se chargent de  grogner sur ces professeurs fainéants qui ne pensent qu'à faire grève ! le mieux c'est de foutre les enfants en école privée... Si vous avez les moyens bien sûr !
Le Sarkozysme, c'est le paroxysme de la société néolibérale, individualiste et liberticide ! Partout, il cherche à prendre le contrôle, la preuve dans les médias où la main mise du pouvoir politique se fait de plus en plus oppressante. Derniers exemples en date : l'éviction des humoristes un peu trop satiriques Stéphane Guillon et Didier Porte, remerciés de France Inter ou encore par les tentatives d'intervention du président dans la recapitalisation du groupe "Le Monde" au mépris de la liberté de la presse !
Le sarkozysme, c'est aussi une politique soi-disant sécuritaire consistant à vidéo-surveiller la population, à chasser les Roms, à expulser des populations en situation irrégulière mais surtout précaires ! C'est exacerber les tensions, cautionner l'injustice et favoriser la violence répressive chez le personnel policier acculé aux taches inhumaines tout ça dans le stress de remplir les objectifs fixés par le gouvernement avec un effectif réduit en peau de chagrin !
Le sarkozysme c'est tout ça... Une véritable honte, de la tristesse et parfois du désespoir.
Mais c'est surtout une aubaine, le moment de dire stop et d'agir, d'amorcer un changement ! On est tomber bien bas, il est temps de se relever !
Alors ne croisons pas les doigts et agissons, chacun à notre manière !
Ne vous inquiètez pas ! je ne vais pas me mettre à chanter l'Internationale mais seulement vous inviter à rejoindre la manifestation qui aura lieu le samedi 4 septembre 2010 contre les dérives du sarkozysme, à partir de 14 h Place de la République.
En tout cas, moi j'y serai !

24 août 2010

la Vénus Hottentote, une tragédie méconnue

Cette histoire est terrifiante mais pleine d'enseignements sur les rapports des individus envers la femme noire et le regard qu'ils lui portent. Je pense que chaque femme noire et plus particulièrement chaque afro-péenne ou afro-américaine devrait connaître sa vie !
J'ai eu l'occasion de découvrir Saartjie Baartman en lisant Zoos humains : au temps des exhibitions humaines, un livre collectif rédigé sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch et Eric Deroo. Malheureusement son destin tragique reste très méconnu !
Pourtant, il est de notre devoir de se souvenir d'elle ; C'est une héroïne.
Surtout, on devrait tirer les leçons de son drame car il en va de l'honneur des femmes noires dont notre place dans ce monde reste insatisfaisante. Heureusement, bien plus de femmes que l'on ne croit agissent et contribuent à améliorer la situation... Toutefois, le chemin est encore long. 
Et pour avancer, garder la foi en nos convictions, il est de la plus grande importance de se souvenir de nos aïeux, de ce qu'ils ont enduré afin de reprendre le flambeau, de poursuivre le dur combat à l'égard des nôtres et de notre dignité perdue.
Voilà pourquoi je tiens à remémorer l'histoire de Saartjie Baartman.
Il ne s'agit pas seulement d'une femme noire, africaine, outragée au plus profond d'elle-même. Il s'agit aussi de l'abaissement de l'humanité par l'homme blanc. 
A travers ce fait divers, on constate jusqu'où l'homme peut déconsidérer son prochain, avec une cruauté inouïe. L'homme prétendument civilisé est finalement celui qui s'est montré le plus sauvage et le plus méprisant vis-à-vis de la condition humaine dans ce qu'elle a de plus merveilleux : sa diversité ! 
Le calvaire de la Venus Hottentote illustre à quel point l'Homme peut bafouer l'Humanité en décrétant la supériorité de l'homme blanc sur le nègre  (et sur les autres peuples aux traits physiques multiples). 
Et pour le démontrer, il n'a pas hésité à mettre en scène cette femme aux caractéristiques physiques particuliers qu'il jugeait si proches de l'animal, lui occultant toute âme. Une femme aux courbes qualifiées de "disgracieuses" ou "grossières" pour lui retirer tout principe de liberté, inhérent à chaque être humain.

Ironie du sort, Saartjie Baartman, de son vrai nom Ssehoura (ou Swatche) est née en 1789, année où la France adopte le texte des Droits de l'Homme et du citoyen comme principe fondamental du tout nouveau régime politique mis en place, suite à la révolution. 
Originaire du Cap, en Afrique du Sud, elle appartenait à la tribu des Khoi-khoi, "le peuple des peuples". Ce sont les colons hollandais qui donnèrent le nom de "hottentot" à son peuple, en raison de la consonance particulière de la langue khoisane.
Après avoir perdu son époux et une grande partie de sa tribu dans la guerre contre les blancs, Ssehoura émigre vers la grande ville et y apprend le métier de servante. Rebaptisée Saartjie, elle est rapidement mis au service d'une famille hollandaise puis vendue au frère de son maître, Heindrick qui souhaitait l'acquérir après avoir entendu parler du "tablier hottentot".
Le "tablier hottentot" est une déformation volontaire du sexe féminin pratiquée sur les jeunes filles dès les premières règles. On pratiquait deux incisions de chaque côté des petites lèvres de la vulve pour les étirer vers le bas et y insérer un petit caillou : en mettant des cailloux de plus en plus lourds, un long processus d’étirement s’accomplissait jusqu’à ce que le sexe ait la forme requise (parfois plus de 10 cm de long) : ces deux membranes hyper-développées devaient pouvoir envelopper le gland de l’homme, afin de lui donner un maximum de plaisir. La première mention du "tablier hottentot" dans les archives date de 1640, par les premiers blancs qui foulèrent la terre sud africaine. Très vite, une légende était née nourrissant les fantasmes les plus vils.
Convaincu par un aventurier anglais qu'il pourrait faire fortune en Europe en exhibant son esclave contre de l'argent, Heindrick l'emmène à Londres en 1810. Saartjie pense partir pour quelque temps, se montrer en spectacle. Seulement, elle déchante très vite. Heindrick et son ami aventurier Dunlop louèrent un local dans une rue où toutes sortes de monstres et phénomènes de foire étaient exhibés : nains difformes, géants, femmes à barbe, obèses, enfants-lion, siamois, toutes sortes d’erreurs de la nature,  "ceux-qui-n’auraient-pas-du-naître"et autres choses exotiques, charmeuses de serpents, contorsionnistes… Sous le surnom sarcastique de « Vénus hottentote », qui deviendra définitivement son nom de scène, repris sur les affiches de promotion de ses exhibitions, Saartjie est présentée presque nue, en tenue traditionnelle, sous les railleries et les insultes du public horrifié par sa « difformité » physique. 
Stéatopyge, la jeune fille jeune fille possédait un gros fessier, des hanches larges et mesurait 1m39 pour 33 kg, un physique ostensiblement exagéré par les caricatures de l'époque.
Outre le fait d'exposer sa nudité, Saartjie devait chanter, jouer d’une sorte de guimbarde, grogner, danser au gré des fantaisies de son « dompteur », Heindrick généralement, qui alla même jusqu’à la montrer dans une cage, contre de maigres gages. La renommée de la « Vénus Hottentote » se répandit dans toute l’Angleterre et l’Europe. De nombreuses caricatures furent diffusées, des chansons paillardes et moqueuses furent écrites sur elle et chantées. De nombreux produits exotiques se réclamèrent "hottentots" (du chocolat, des gants, de l’alcool…), de nombreuses boutiques prirent le nom « à la Vénus hottentote » … Des milliers, des millions de gens la virent, au cours des six années qu’allait durer son calvaire.
  


Seule une association de lutte en faveur des droits des "gens de couleur" s'émeut du sort de Saartjie. Menacée par Dunlop et Heindrick d’être mise dans une maison close ou dans un asile d’aliénés, elle affirme être là de son plein gré ! Pour finir, après quatre ans d’exhibitions harassantes à Londres et dans toute l’Angleterre,  Saartjie fut perdue aux jeux par Dunlop et son « contrat » d’exploitation devint la propriété d’un montreur d’ours français, Réau, ancien noble déchu à la révolution, qui l’emmena à Paris en 1814. Quant à  Heindrick, il retourna en Afrique du Sud.

Les exhibitions se poursuivirent, Saartjie est également montrée dans les salons mondains où elle est la risée de tous, mais elle attire également l’attention du naturaliste Georges Cuvier qui la loua à son maître français pendant plusieurs jours afin de l’observer, quasiment nue dans un amphithéâtre bondé de scientifiques chargés de discourir sur son inhumanité. On l’a compare alors à une guenon, on parle même de son museau et de sa débilité !
Les scientifiques concluent que les « hottentots » étaient, par leur crétinisme, nés pour être esclaves du fait qu’ils n’avaient pas de structure sociale (c’était en réalité des chasseurs-cueilleurs et des bergers), sans maison (ils étaient nomades), sans religion (ils étaient animistes), sans morale (parce que sans religion), lubriques (pour preuve : la taille de leur sexe) et sans langage (parce que la langue khoikhoi raisonnait aux oreilles des blancs comme une succession de « clics » et de « clacs » sans cohérence)… Saartjie est assimilée au chaînon manquant, une espèce de l’humanité qui se situe tout en bas de l’échelle de l’évolution, quelque part entre l’espèce humaine et l’orang-outan subhumain ! 
La jeune femme savait pourtant, en plus de sa propre langue, parler couramment hollandais, relativement bien anglais et un peu français et elle avait finalement appris à lire… Des artistes étaient là aussi, chargés de la représenter, la sculpter, la peintre, la dessiner. Elle ne consentit jamais à montrer son sexe, le fameux "tablier hottentot", qu’elle dissimula pendant les quelques jours d’observation, derrière une pièce de tissu, au grand dam de l’assemblée scientifique présente.
Dépressive et épuisée, Saartjie sombre dans l'alcoolisme la morphine et livrée à la prostitution, son sexe et ses proportions faisant l'objet autant de fascination que de dégoût. Le 1er janvier 1816, elle meurt d'une pneumonie à l'âge de 27 ans. Cependant, l'horreur ne s'achève pas là. Réau vend le corps de Saartjie au professeur Cuvier pour 5000 francs. Le scientifique fait mouler son corps avant de le disséquer puis prélève le cerveau et l'appareil génital de Saartjie pour les conserver dans des bocaux remplis de formol ! Son squelette fut débarrassé de ses chairs, pour être exposé au musée d’Histoire Naturelle, parmi les animaux empaillés et les têtes coupées des gens de son peuple martyrisé. 
En 1889, le squelette est transféré au Musée de l’Homme, où il restera exposé, au côté du moulage de son corps jusqu’en 1974 ! Avant d’être relégué dans les réserves poussiéreuses, voué à l’oubli. Grâce à la pugnacité des descendants de son peuple qui œuvraient pour le retour au pays de « Maman Sarah », Saartjie est devenue un symbole de cette Afrique, leur Afrique, bafouée par les Blancs. 
Il faut attendre 2002, afin que le Sénat français vote le retour de Sarah Baartman à la terre de ses ancêtres. Son squelette fut déposé dans un cercueil, avec son cerveau et ses organes génitaux, et un avion la ramena chez elle, presque deux siècles après qu’elle en fut partie, pour son malheur. La cérémonie a rassemblé plus de 10 000 personnes. Son cercueil flotta sur une mer de mains qui voulaient le toucher, le porter… Après une cérémonie en grande pompe, elle fut incinérée au pied des collines khoikhoi  où elle avait grandit. 

L'histoire de la Vénus Hottentote est un formidable témoignage de la construction des nombreux stéréotypes relatifs à la femme noire et plus particulièrement celle venue d'Afrique depuis le XVIème siècle, début de l'esclavagisme européen. 
Une image totalement fabriquée qui cause de nombreuses discriminations mais aussi pas mal d'aliénation ! Comme une forme de méconnaissance et de mépris dissimulés, étouffés ou pire ignorés chez beaucoup de Noires (et je sais de quoi je parle pour l'avoir vécu moi-même). Il est important de restaurer la beauté et la valeur de la femme noire en tant qu'être humain à part entière : il n'est plus acceptable de véhiculer une beauté calquée sur le profil de la femme caucasienne ! 
Tout en défendant le libre arbitre de chaque femme, il est vital pour le processus d'acceptation de soi et d'épanouissement personnel, de mettre en valeur la diversité des beautés ébènes ; qu'elles soient claires, foncées, petites, grosses, en courbes ou squelettiques. 
De même, que la promotion plus ou moins inconsciente des cheveux lisses et de la peau éclaircie doit cesser au nom de l'harmonie essentielle avec son physique naturel pour tout individu et surtout pour bénéficier d'une vraie liberté de choix en matière d'esthétisme, une fois adulte !  
Je ne suis pas naïve, nous savons tous que le problème est bien plus complexe et qu'il faudrait retravailler sur tout un ensemble de schèmes notamment sur ceux qui habitent les hommes en général ainsi que les préjugés véhiculés par les médias ! 
Commençons par arrêter de valoriser des "artistes" dénuées de talents, si ce n'est de correspondre à un modèle aseptisé/arrangé/caucausié de la femme noire, jouant sur ces stéréotypes de femmes transpirants le sexe : il n'y a qu'à voir leur façon de se déhancher sur scène, d'accentuer leur cambrure, d'adopter des danses où l'on aperçoit plus autre chose que le popotin de la belle !
J'aimerais que les Beyoncé, Rihanna ne soient plus les seules références "tolérables", acceptables de ce que devrait être une belle femme noire.  
J'aimerais que les jeunes filles n'aient pas pour modèle et/ou unique ambition de rivaliser avec ces bêtes de sexe euh pardon de scène ! Au contraire, qu'elles puissent faire leur choix, construire leur propre chemin, s'affranchir du regard des hommes et n'en faire qu'à leur tête !
C'est ce qu'on doit faire ! Surtout c'est ce que l'on doit à Saartjie Baartman !

Quelques précisions...

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Et si vous souhaitez en savoir plus sur la Vénus Hottentote, voici quelques références bibliographiques :


  •  Vénus hottentote de Barbara Chase-Riboud
  • L’énigme de la vénus hottentote de Gérard Badou
  • Les zoos humains : de la vénus hottentote aux réality shows de Eric Deroo, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Nicolas Bancel
  • Zoos humains: l’horreur ethnographique de Nicolas Blancel